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31 août 2021

Marie-Christine Gaudreau - mcgaudreau@lexismedia.ca

Un projet d’école publique alternative se dessine dans Montcalm

La Récolte

École alternative

©Photo Marie-Christine Gaudreau

Trois des quatre initiatrices du projet d’école publique alternative La Récolte; Mélanie Brunelle, Cathrine Pomerleau et Alexandra Benny.

Une école publique alternative pourrait bientôt voir le jour dans la MRC de Montcalm. C’est du moins ce que souhaitent Alexandra Benny, Cathrine Pomerleau, Mélanie Brunelle et Karine Hébert. Depuis quelques mois, ces quatre mamans de la région s’investissent corps et âme dans ce projet afin de déposer un dossier convaincant au Centre de services scolaire des Samares en novembre prochain.

« Ce qui nous interpelle beaucoup dans le modèle alternatif, c’est la manière dont les familles sont impliquées dans le cursus scolaire de leur enfant. Les parents jouent un rôle de coéducateur », exprime d’entrée de jeu Alexandra Benny, l’un des parents fondateurs du comité.

Bien qu’elle poursuive le même objectif que le programme éducatif du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MESS), soit la diplomation des élèves, l’école alternative aborde le cursus scolaire d’une manière tout autre en offrant un cadre scolaire différent.

L’école alternative prône notamment l’évaluation des élèves en continu, basée sur une approche qualitative et tripartite impliquant l’enseignant, le parent et l’élève; l’apprentissage par projet; la formation de groupes multiâges; et le respect du rythme d’apprentissage de chaque élève sans distinction de niveau.

« Ça faisait un moment qu’on avait ce projet en tête, mais il est officiellement né cet hiver », ajoute Cathrine Pomerleau. Si les valeurs de l’école alternative l’interpellaient, elle était convaincue que ce modèle saurait répondre aux besoins de plusieurs autres familles du secteur.

En mettant sur pied le projet d’école publique alternative La Récolte, les quatre femmes souhaitent proposer une offre complémentaire au parcours éducatif traditionnel. Selon elles, le modèle alternatif rejoindra particulièrement les familles qui intègrent les apprentissages aux tâches du quotidien, par exemple en faisant des mathématiques en cuisinant. Le dicton « il faut tout un village pour élever un enfant » prend tout son sens à l’école alternative puisque toute la communauté est mise à profit pour faire grandir l’élève. « Pourquoi apprendre dans les livres alors que de l’autre côté de la rue on peut avoir un laboratoire vivant? », ajoute d’ailleurs Mélanie Brunelle. Les entreprises et organismes locaux, tout comme les parents, feront partie intégrante du programme éducatif à l’école La Récolte.

Évaluer sans mesurer

Pour Mme Brunelle, les particularités du cheminement alternatif jouent un rôle important dans la motivation et la confiance qu’elles insufflent à l’enfant. « Le modèle alternatif permet de miser sur les forces de l’enfant pour essayer d’atténuer ses difficultés plutôt que d’essayer de toujours l’amener plus loin en lien avec le programme. »

Considérant que le modèle classique ne répond pas aux besoins de tous les enfants, l’école alternative concentre son attention sur les intérêts des enfants, plutôt que de focaliser sur les apprentissages visés. Des intérêts naissent les projets qui aboutiront ultimement par l’acquisition des apprentissages.

« L’enfant est au cœur de sa démarche. Il est appelé à faire des choix, à les assumer et à mener ses projets à terme », poursuit-elle. Au terme de leur parcours scolaire, les élèves du réseau alternatif seront parvenus aux mêmes objectifs et auront les mêmes acquis que ceux du réseau traditionnel. C’est surtout dans la façon d’y parvenir que l’école alternative se distingue. La mesure de l’élève est abolie, au profit de la progression. « On prend des traces, des points d’observation de ce que l’élève fait au quotidien. C’est une forme d’évaluation en soi. » Mme Brunelle est d’avis que la notion d’évaluation représente un grand enjeu actuellement, et ce, même à l’école régulière. « Est-on obligé d’avoir une note, un résultat, une structure d’évaluation qui crée un stress? », se questionne-t-elle.

Un besoin présent

Alexandra, Cathrine, Mélanie et Karine espèrent que l’école alternative La Récolte puisse accueillir ses premiers élèves en septembre 2022. Bien des étapes restent encore à franchir. Toutefois, dès ses balbutiements, le projet a suscité de nombreux intérêts dans le secteur, se réjouissent les quatre fondatrices. Une page Facebook visant à informer les parents du projet éducatif rejoint déjà près de 200 abonnés. Un sondage déployé afin de cibler l’intérêt et les besoins des familles a également déjà reçu plus de 100 réponses positives en regard de l’implantation d’une telle école sur le territoire.

Au-delà du besoin pour une école alternative dans Montcalm, des enjeux organisationnels demeurent. Des locaux répondant aux normes ministérielles devront notamment être identifiés pour pouvoir recevoir l’école La Récolte. « À long terme, on souhaite qu’une école soit bâtie parce qu’on voit que le besoin est vraiment présent, mais de manière plus réaliste, on risque de devoir débuter à plus petite échelle », explique Cathrine Pomerleau. Pour l’heure, les membres fondatrices ont identifié trois municipalités où elles souhaiteraient voir le projet s’articuler, soit Saint-Lin-Laurentides, Saint-Roch-de-l’Achigan ou Saint-Esprit. Enfin, le projet devra obtenir le feu vert du Centre de services scolaire. Après le dépôt du dossier prévu en novembre 2021, les initiatrices du projet espèrent obtenir une réponse aux environs de février 2022.

 

Être parent à l’école alternative

Fait intéressant; les parents occupent une place importante dans le parcours de leur enfant à l’école alternative. Dans le cadre de leur implication, ils sont notamment appelés à prendre part à des comités, à être présents à l’occasion durant les heures de classe, à participer à des activités avec les enfants ou à donner des ateliers.

En moyenne, un parent qui choisit l’enseignement alternatif pour son enfant doit être en mesure de s’engager à offrir entre 25 et 30 heures par année pour participer à la vie scolaire.

 

Pour répondre au sondage, rendez-vous au http://bitly.bz/OVECM ou sur la page facebook.com/ProjetLaRecolte.

 

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