Avis de décès Classées Édition Électronique Rabaischocs.com

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Actualités

Retour

07 octobre 2020

Christian Belhumeur-Gross - cbelhumeurgross@lexismedia.ca

Un dernier adieu à Joyce Echaquan; le premier ministre présente des excuses

Ses obsèques ont eu lieu le 6 octobre à Manawan

Le Chef Paul-Émile Ottawa

©(Photo Jean Chevrette) - L'Express Montcalm

Le Chef de la communauté atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa.

C’est à l’Église Saint-Jean-de-Brébeuf que les membres de la famille ainsi que la communauté de Manawan ont rendu un dernier hommage à Joyce Echaquan, cette mère de 7 enfants décédée dans des circonstances troubles au Centre hospitalier de Lanaudière le 28 septembre dernier. Vu son refus de reconnaître le racisme systémique dont sont victimes les autochtones, la famille a refusé la présence du premier ministre François Legault. 

La cérémonie, empreinte d’un côté très solennel, s’est déroulée dans l’intimité et les médias n’ont pas été autorisé à y assister. Plusieurs étaient présents dont Mgr Louis Corriveau, Évêque du Diocèse de Joliette, le ministre fédéral des Affaires étrangères, Francois Philippe Champagne, de même que le député provincial libéral Gregory Kelley. Des maires de la Matawinie, dont Réjean Gouin de Saint-Michel-des-Saints, ont également assisté à la cérémonie. «Ce fut une journée très difficile et c’est avec tristesse que nous avons rendu un dernier hommage à notre sœur Joyce Echaquan» souligne le Chef Paul-Émile Ottawa en entrevue avec L’Action.  

Legault présente des excuses 

Au même moment, à Québec, le premier ministre François Legault a présenté des excuses officielles à la famille de Mme Echaquan au nom du Québec. Selon ce dernier, « le service public québécois a failli à son devoir envers Mme Echaquan. L'État québécois a le devoir d'offrir la même dignité et le même respect à chaque personne, peu importe son origine, son sexe ou la couleur de sa peau ».  

Par la même occasion, le premier ministre a reconnu que ce qui est arrivé à Joliette n’est pas un cas isolé et que pendant des décennies les Autochtones ont fait l’objet de discrimination par les différents paliers de gouvernement, ce qui a laissé des traces. Selon M. Legault, la solution passe par une meilleure connaissance des réalités autochtones et la mise en place d’un discours de Nation à Nation.  

Reconnaissance du racisme systémique : pierre d’achoppement avec Québec 

Bien que sa présence fut initialement acceptée, le premier ministre Legault n’a finalement pas été invité à assister aux funérailles de Mme Echaquan. «Au départ, lorsqu’il s’est offert d’être présent la veille de la cérémonie, nous avons accepté. Il y a cependant eu un revirement de situation à la demande de la famille. Elle a jugé insultant le fait qu’il ne veuille pas reconnaître le racisme systémique dont la communauté atikamekw est victime et elle a préféré que le premier ministre ne soit pas présent» explique le chef Ottawa.  

Ce dernier estime que les excuses officielles du premier ministre, qui étaient l’une des demandes de la communauté atikamekw et de la famille Echaquan, sont un pas dans la bonne direction, mais beaucoup de travail reste à faire. Il explique d’ailleurs que lors de la rencontre du premier ministre avec les Chefs atikamekw la veille des funérailles (5 octobre), toutes les demandes ont été acceptées, dont une meilleure formation sur la réalité atikamekw pour le personnel de la santé et la création d’un bureau spécial pour le traitement des plaintes. Seule la reconnaissance de la notion de racisme systémique a été rejetée.  

«On est à la croisée des chemins au Québec et c’est là qu’il faut poser des gestes concrets pour enrayer le racisme dont les autochtones sont victimes dans les services publics. On dirait qu’il y a un seul homme au Québec qui ne reconnaît pas encore le racisme systémique et c’est le premier ministre. Il a l’opportunité de mener un important changement dans les relations avec les Autochtones, mais pour ça il doit mettre son ego de côté et reconnaître ce phénomène, sinon il va passer à côté de ce rendez-vous avec l’histoire» tonne avec émotion le Chef Ottawa.  

Bien que le premier ministre refuse toujours de reconnaître cette notion, plusieurs voix s’élèvent pour reconnaître le racisme systémique. Dans une entrevue avec Le Devoir, la députée de Joliette, Véronique Hivon, a également dit reconnaître ce phénomène.  

Commentaires

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web - Caméléon Média