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30 juin 2020

Sarah Élisabeth Aubry - seaubry@lexismedia.ca

Les agriculteurs craignent les conséquences de la sécheresse

Plusieurs cultures sont affectées

Agriculteur

©Depositphotos - L'Express Montcalm

Les producteurs de Lanaudière souhaitent que la situation revienne à la normale d’ici l’automne.

La chaleur et la sécheresse des derniers jours inquiètent les producteurs lanaudois. De plus, avec le déconfinement graduel, les travailleurs provenant de l’étranger ont tardé à arriver et à se mettre au travail. Le froid printanier a également laissé des traces dans les champs. Plusieurs défis attendent ainsi les producteurs dans les prochains mois.

« La sécheresse est venue trop tôt. Les maraîchers qui ont semé des légumes voient qu’il manque d’eau et ça ne pousse pas. Ça va faire une pénurie d’aliments pour l’automne. C’est assez catastrophique », soutient le président des producteurs de Montcalm, Réjean Allard.  

Ce qui est également alarmant pour ce dernier est le manque de revenus agricoles. « Les paniers d’épicerie vont sûrement plus chers à l’automne », exprime-t-il.

La sécheresse affecte pratiquement toutes les cultures et les producteurs laitiers ont amassé que le quart de leurs productions. Ils devront trouver des solutions pour continuer à nourrir leurs troupeaux. Plusieurs d’entre eux se tournent normalement vers le maïs.

« Il y a plusieurs places où le maïs, c’est catastrophique. Ça ne pousse pas », fait remarquer le président des producteurs de Montcalm.

Au niveau maraîcher, les plantations et les petites racines ne viennent pas à bout de s’alimenter. « Il y en a que ça fait quatre fois qui replante leurs carottes », souligne-t-il.

Sécheresse

©Photo gracieuseté - Réjean Allard - L'Express Montcalm

La sécheresse pourrait avoir des conséquences sur les récoltes de cet automne.

Peu de solutions sont envisagées pour les producteurs pris avec la problématique de la sécheresse. Plusieurs installent des systèmes d’irrigation, ce qui ajoute des coûts supplémentaires, alors que d’autres utilisent des arroseuses. Heureusement, de son côté, Réjean Allard a pu sauver un champ de choux de douze hectares grâce à un barrage conçu par des castors.

Les producteurs de légumes de transformation ont également connu une période moins évidente, avec le manque de main-d’œuvre. Le vent et la sécheresse ont également empêché les asperges de pousser. Normalement, avec les chaleurs de juillet, les plantes ont le temps de faire leurs racines, le sol est un peu humide et le terrain est semé, ce qui permet aux productions de mieux s’implanter.

Sécheresse

©Photo gracieuseté - Réjean Allard - L'Express Montcalm

Certains producteurs ont pu compter sur leur système d’irrigation pour sauver leurs récoltes.

Pertes à prévoir 

Pour sa part, le président du Comité des maraîchers de Lanaudière, Dominique Duval, observe une diminution de 10 à 15% dans certaines cultures. Pour le chou d’automne, ce dernier ne remarque aucune différence. Toutefois, sa culture de carottes se trouve affectée.

Comparativement aux autres années, Dominique Duval fait mention qu’il s’agit d’une année d’exception. « J’ai été obligé de recommencer une culture de rutabaga. Il a fait trop froid. Il y en a qui ont gelé. J’ai dû les irriguer trois fois », déclare-t-il.

Aujourd’hui, il partage la même réalité que plusieurs agronomes. « On attend après la pluie », explique-t-il. La sécheresse impactera d’au moins deux semaines les récoltes. «Les grands vents ça n’a pas aidé non plus…Je n’ai jamais vu depuis 35 ans que je cultive une année comme celle-là avec une aussi grande période de sécheresse. »

Sécheresse

©Photo gracieuseté - Michele Lafortune - L'Express Montcalm

La sécheresse affecte un peu toutes les cultures.

Réduction de la production 

Le portrait est semblable du côté des producteurs laitiers. « On est à 35% d’un rendement normal. Il y a 65% de perte en raison de la sécheresse et du manque d’eau », témoigne le président des producteurs de lait Lanaudière, Jacques Lafortune.

Avec le peu de pluie du printemps et les chaleurs, les plantes se déshydratent. « Les producteurs ont fait notre volume en début de saison avec la première coupe », ajoute-t-il. Peu de foin est présentement disponible. Si la situation ne s’améliore pas, les producteurs devront se tourner vers l’extérieur pour s’en procurer.

« On espère que l’été ne restera pas sec comme ça. Sinon, cela représentera des coûts élevés », précise Jacques Lafortune.

Diminution des revenus  

Lanaudière est touchée de près par le manque d’eau. Une grande partie des producteurs du secteur vivent la même réalité. Les producteurs laitiers ont été affectés par la pandémie, notamment avec la fermeture des restaurants et des hôtels où se concentre une bonne partie de leur volume de fromages, beurres et yogourts.

« On a dû réagir vite pour s’ajuster à la demande. Au Canada, avec la gestion de l’offre, on produit pour la demande. La demande avait coupé au-delà de 20%. On a mis des incitatifs pour que les producteurs réduisent leurs productions », poursuit-il.

Ils ont dû réajuster la production face à la demande. Dès avril, il y a eu une diminution du prix du lait de 10%. Tranquillement, la situation se rétablit avec le déconfinement et les producteurs espèrent que la situation reviendra à la normale d’ici l’automne.

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