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18 juin 2020

Élise Brouillette - ebrouillette@lexismedia.ca

Les organismes communautaires autonomes essentiels et pourtant oubliés

Pandémie

TROCL

©Photo gracieuseté - L'Express Montcalm

La Table régionale de organismes communautaires autonomes de Lanaudière lors de son point de presse.

La Table régionale de organismes communautaires autonomes de Lanaudière (TROCL), accompagnée de trois organismes communautaires autonomes lanaudois, a tenu à mettre en lumière le manque de considération et d’écoute que le gouvernement démontre envers les organismes communautaires autonomes (OCA) depuis le début de la pandémie de la COVID-19.

Pourtant, dès l’annonce des mesures sanitaires exceptionnelles et du confinement, les 200 OCA lanaudois ont fait preuve d’initiative, de créativité, de solidarité et de résilience afin d’être présents pour leurs membres et la population. Comme le souligne Hugo Valiquette, directeur de la TROCL, en temps normal, et encore davantage en cette période difficile, les OCA sont au cœur du filet social québécois. Ils ont tissé des liens de confiance avec des milliers de citoyens qui, avec la détresse causée par la pandémie, ont besoin plus que jamais de « leurs » organismes. Malgré la capacité d’adaptation incroyable de ces derniers, une lourdeur administrative et un manque d’écoute de la part du gouvernement viennent ajouter du stress et des inquiétudes dans une réalité déjà complexe.

Les logements adaptés avec services – Les Amandiers et Les maisons d’à côté Lanaudière sont deux organismes communautaires autonomes qui ont pour mission d’offrir un milieu de vie adapté par le biais de logements pour des personnes ayant des limitations physiques sévères. Afin d’offrir des services adaptés et respectueux des résidents, ces organismes comptent des préposés aux bénéficiaires (PAB) parmi leurs équipes de travail. Lors de l’annonce par le gouvernement du Québec d’une hausse de salaire importante pour les PAB à l’emploi de CHSLD, les inquiétudes se sont manifestées au sein de ces organismes. Évidemment, la situation en CHSLD nécessite des actions et du soutien, mais comme le souligne Gaétane Lefebvre, directrice de l'organisme Les maisons d’à côté Lanaudière, les organismes communautaires, qui offrent des services essentiels en hébergement pour personnes handicapées, n’ont aucunement les capacités financières de pouvoir offrir des salaires concurrentiels à l’offre du gouvernement. Cette mesure gouvernementale vient donc créer des « classes différentes » de préposés aux bénéficiaires, ce qui cause, évidemment, des préjudices.

Ces préjudices se traduisent déjà par le départ de PAB, qui ne sont d’ailleurs pas à blâmer, vers des CHSLD, par la difficulté à recruter de nouveaux employés et par de l’anxiété pour les résidents. À court et moyen terme, cela pourrait se traduire par la fermeture d’organismes communautaires déjà trop peu nombreux pour répondre aux besoins de milieu de vie respectueux de la réalité des citoyens qui y résident.

Au-delà des mots, le mouvement d’action communautaire autonome réclame une réelle reconnaissance.

Comme mentionnée par Maya Fernet, coordonnatrice aux enjeux sociaux de la TROCL, alors que les organismes communautaires autonomes soutiennent le filet social à bout de bras depuis le début de la pandémie, le gouvernement se doit d’écouter les besoins qu’ils expriment et qui sont le reflet des besoins des populations de leurs communautés. « Les OCA portent la voix des citoyens, le gouvernement doit être à l’écoute. Il faut enlever la pression bureaucratique mise sur les organismes communautaires autonomes afin de leur permettre de réaliser leur mission et plus que jamais, s’adapter aux réalités sur le terrain. De plus, la pandémie vient exacerber la précarité financière dans laquelle se retrouvent les organismes communautaires autonomes. Oui les fonds d’urgence peuvent pallier certaines difficultés en répondant à des besoins ponctuels, mais ils ne règlent en rien le sous-financement des organismes qui, en temps de crise, met en péril la mission de certains d’entre eux. »

Finalement, pour la TROCL, il est essentiel que les décisions gouvernementales ne viennent pas créer des disparités encore plus grandes entre le réseau public et les organismes communautaires autonomes.

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