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11 mars 2020

Marie-Christine Gaudreau - mcgaudreau@lexismedia.ca

Un camp de jour pas comme les autres

La Ferme Triple G poursuit sa mission pour la sauvegarde des races canadiennes

Camp de jour Triple G Saint-Esprit

©Photo Marie-Christine Gaudreau

En plus d’apprendre une multitude d’informations sur les races canadiennes, les jeunes qui participent au camp sont appelés à participer aux tâches quotidiennes de la ferme.

AGROTOURISME. L’année dernière, Mélanie Gagné, propriétaire de la Ferme Triple G à Saint-Esprit, nous faisait part de la mission qu’elle s’était donnée de veiller à la sauvegarde des races patrimoniales, soient le bovin Canadien, le cheval Canadien et la volaille Chanteclerc. Aujourd’hui, Mme Gagné pousse le défi un peu plus loin en ayant mis sur pied un projet de camp de jour visant à éduquer et sensibiliser les jeunes à l’importance de prendre soin de ces races en voie d’extinction qui façonnent notre histoire.

Après une première expérience concluante durant la période des fêtes 2019, Mélanie récidivait à l’occasion de la semaine de relâche, où elle a ouvert les portes de sa ferme aux enfants de la région durant cinq jours. Afin de couvrir les semaines de relâche des deux commissions scolaires de la région de Lanaudière, Mme Gagné a offert deux jours de camps durant la semaine du 24 février et trois jours durant la semaine du 2 mars. « Je ne peux pas espérer sauver une race que les gens ne connaissent pas. Beaucoup de gens ne savent pas que les races patrimoniales existent, que nous avons trois races qui sont nées ici, issues de notre terroir », raconte Mélanie Gagné pour expliquer sa démarche. Pour l’éleveuse, le volet agrotouristique va de pair avec la sauvegarde des espèces.

 

Durant les journées de camp sur la ferme, huit jeunes de 5 à 12 ans apprennent une foule de choses sur les trois races canadiennes en plus de se familiariser aux tâches de la ferme. Ainsi, ils font le train le matin pour nourrir les animaux, ils suivent l’évolution du développement des poussins dans les œufs qui se trouvent dans la couveuse, brossent les chevaux et goûtent au plaisir de les chevaucher, entre autres. « Je trouve les jeunes intelligents dans leurs découvertes. Ils me posent des questions pertinentes, ils me surprennent! », s’émerveille Mélanie Gagné. Par ces journées d’activités, elle espère semer une graine et réussir à donner la piqûre des races canadiennes à quelques personnes. Elle voit aussi en son camp de jour une belle occasion de reconnecter les jeunes avec leurs racines. « De nos jours, nous sommes déconnectés de notre garde-manger. Je trouve cela déplorable. Autrefois, nous avions tous un grand-père ou un oncle agriculteur. On allait à la ferme la fin de semaine et on savait d’où venait notre nourriture », mentionne Mélanie.   

Ferme triple G Saint-Esprit

©Photo Marie-Christine Gaudreau

D'ici un an, Mélanie prévoit agrandir son troupeau et démarrer la production laitière avec ses vaches canadiennes pur-sang.

Travail colossal

D’ici un an, Mme Gagné vise à faire l’acquisition d’une cinquantaine de vaches supplémentaires, dont une trentaine en lactation. Elle en détient treize pour le moment. Elle entamera à ce moment la production de lait qui se dirigera vers une fromagerie qui en fera des fromages d’appellation réservée « Fromage de vache de race Canadienne ». « Si on veut que les gens recherchent les produits des races patrimoniales, il faut d’abord qu’ils sachent qu’elles existent », précise Mme Gagné, spécifiant que seules deux fromageries produisent actuellement ces fromages d’appellation réservée. Le travail à faire avec les races patrimoniales est énorme selon Mme Gagné. Du fait qu’elles ont été laissées à l’abandon depuis des années, elles n’auraient pas évolué comme elles auraient dû le faire. Par exemple, la vache Canadienne ne donne que la moitié de la quantité de lait que produit une vache Holstein. « Les gens me trouvent folle de me lancer là-dedans. Ils me disent que je ne verrai jamais le fruit de mes efforts », rigole-t-elle. Une raison de plus pour Mélanie de vouloir transmettre sa passion au plus grand nombre de jeunes possibles afin d’assurer la pérennité de sa mission et de propager son amour pour les races patrimoniales. À ce jour, on ne compte plus que quelque 300 vaches Canadiennes pur-sang au pays.

 

Mis à part le camp de jour, Mélanie Gagné fait des ateliers dans les écoles. L’an dernier elle a réalisé un projet d’incubation en classe avec des élèves de maternelles de l’école Dominique-Savio de Saint-Esprit. Elle a évidemment profité de l’occasion pour donner de l’information sur les trois races patrimoniales aux enfants. Dans les années à venir, elle prévoit étendre ce projet scolaire à toutes les écoles de la région qui souhaitent y participer. « Les animaux, ça rapproche » se réjouit l’éleveuse qui reçoit un accueil chaleureux lors de tous ses passages à l’école. La Ferme Triple G offre également des visites de ferme toutes les fins de semaine sur réservation.

 

L’expérience du camp à la ferme sera répétée cet été. Les dates disponibles pour le camp de jour estival devraient être divulguées dans les prochaines semaines, en avril. Pour en apprendre davantage sur le projet de Mélanie, rendez-vous sur la page Facebook Ferme Triple G. 

©Photo Marie-Christine Gaudreau

©Photo Marie-Christine Gaudreau

©Photo Marie-Christine Gaudreau

©Photo Marie-Christine Gaudreau

©Photo Marie-Christine Gaudreau

©Photo Marie-Christine Gaudreau

©Photo Marie-Christine Gaudreau

©Photo Marie-Christine Gaudreau

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