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23 janvier 2020

Marie-Christine Gaudreau - mcgaudreau@lexismedia.ca

Le schéma d’aménagement sème toujours la bisbille

La MRC et la CMM défendent leur point de vue

Sainte-Marie-Salomé

©Photo archives

Alors que la MRC de Montcalm se réjouit de l'adoption de son nouveau schéma d'aménagement et tâche de se pencher sur les développements à venir, les commentaires désapprobateurs fusent de toutes parts à l'égard de leur planification.

TERRITOIRE. L’adoption du schéma d’aménagement et de développement révisé (SADR) de la MRC de Montcalm en novembre dernier continue de faire lever les vagues. Après un avis défavorable de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) rendu public, les sorties médiatiques de la part notamment d’élus des MRC limitrophes se succèdent et alimentent l’actualité. Mais où le bât blesse-t-il réellement? 

D’une part, on reproche à la MRC de Montcalm l’empiètement en zone agricole prévu dans le nouveau document. Au total, ce sont environ 160 hectares de terres zonées agricoles qui se retrouvent à l’intérieur du périmètre urbain. Le préfet de la MRC de Montcalm, Pierre La Salle, apporte toutefois des nuances. « Cinquante-quatre hectares consistent en de la régularisation », insiste-t-il. Plusieurs terrains situés aux abords des périmètres d’urbanisation déjà existants feraient déjà l’objet d’exploitation autre qu’agricole, sans toutefois avoir été dézonés. Il cite en exemple le Collège Esther-Blondin de Saint-Jacques. Des hectares restants, trente sont alloués au futur parc industriel de Saint-Roch-de-l’Achigan. « Ce sont des terres qui ne sont pas cultivées et qui ne sont pas favorables à l’agriculture. Nous sommes allés là où il y avait le moins d’impact pour l’agriculture », soutient M. La Salle. Au final, ce sont approximativement 65 hectares de terres cultivées qui serviront aux ensembles essentiellement résidentiels répartis dans toute la MRC.

 

Les nouveaux hectares de développement résidentiel demandés se retrouvent principalement dans l’est de la MRC, soit à Saint-Jacques, Saint-Alexis, Saint-Esprit, Saint-Liguori, Sainte-Marie-Salomé et Saint-Roch-de-l’Achigan. Or, aux yeux de la CMM, ce type de développement diffus va à l’encontre de l’Orientation 10 prévue sur le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD). Cette orientation veut que les MRC périmétropolitaines consolident leur développement dans le principal pôle de services et d’équipement localisé sur le territoire, et ce, dans une optique de complémentarité des planifications métropolitaine et périmétropolitaine.

Pierre La Salle

©Photo archives

Pierre La Salle défend le travail acharné qui a mené à l’approbation du nouveau schéma d’aménagement de la MRC de Montcalm en novembre dernier.

Densité et diversité

Si elle reconnaît que la MRC de Montcalm possède des caractéristiques qui lui sont propres, l’urbaniste et coordonnatrice exécutive - Planification du territoire métropolitain à la CMM, Suzy Peate, soulève que 19 des 82 municipalités et villes que comptent la CMM ont des profils semblables, soient des milieux ruraux, occupés majoritairement par des terres agricoles. « Celles-ci sont assujetties, comme toutes les villes de la CMM, aux règlements et nomes découlant du Plan métropolitain d’aménagement et de développement, alors que les municipalités du pourtour, comme Montcalm, ne sont tenues que de respecter l’Orientation 10 », expose Mme Peate. L’objectif est clair selon elle, concentrer le développement à l’intérieur d’un pôle afin d’éviter une urbanisation qui n’a plus de fin et favoriser la mise en place de liens avec le transport en commun. Elle rappelle également l’empiètement en zone agricole ne soit pas chose courante en matière d’aménagement du territoire. « Ce qui a été fait dans le schéma de Montcalm n’est normalement pas fait par le gouvernement », avance-t-elle.

 

Dans un tableau rédigé par la CMM, on recense des propositions de modifications au SADR de la MRC de Montcalm afin de satisfaire aux exigences de l’Orientation 10. En somme, on demande à la MRC de reculer en ce qui concerne les empiètements en zone agricole. Dans une vision de développement régional et non local, on suggère aussi de concentrer le développement dans le pôle de services du territoire, soit à Saint-Lin-Laurentides. « Une augmentation de la densité et une diversité des types d’habitations seraient souhaitables », ajoute Mme Peate. De cette manière, il deviendrait possible de favoriser une utilisation autre que l’automobile pour se déplacer. « Un système de transport en commun n’est pas viable pour une MRC avec un développement aussi diffus », fait-elle remarquer.

 

En périphérie de la CMM, le seuil de densité visé est de 24 logements à l’hectare. Présentement, à Saint-Lin-Laurentides, ce seuil atteint 17 logements à l’hectare. Le préfet de la MRC de Montcalm et ancien maire de Saint-Jacques, Pierre La Salle, tient toutefois à mentionner les efforts qui sont portés dans la MRC depuis plusieurs années déjà. « Il est faux de dire qu’on ne construise que des bungalows avec d’immenses terrains. Ça fait longtemps que nous ne sommes plus là-dedans », soutient-il. À titre d’exemple, il reprend la municipalité de Saint-Jacques qui ne comptait qu’un seul immeuble de huit logements en 2010. « Depuis, trois permis ont été émis pour des 17 logements. Des 8 et 10 logements, il s’en construit à profusion. Ce n’est pas peu dire pour une municipalité de 4 000 habitants », scande-t-il.

CMM

©Photo gracieuseté

À la CMM, on déplore le développement diffus et l’empiètement en zone agricole prévus au SADR.

Routes engorgées

Par ailleurs, il lui semble illogique de concentrer le développement à Saint-Lin-Laurentides seulement, tel que le recommande la CMM. L’Observatoire Grand Montréal publiait récemment une note faisant notamment état de l’étalement urbain et de la congestion routière qui en découlait sur le réseau routier de la CMM. Or, pour monsieur La Salle, le principal axe problématique dans la MRC est celui de la 335 et de la 337 en direction de Terrebonne. Il s’agit selon lui du trajet emprunté par la majorité des navetteurs en partance de Saint-Lin vers le territoire de la CMM. « Si on concentre le développement à Saint-Lin et Saint-Calixte (en zone blanche), on vient empirer la situation », suggère-t-il. Il allait de soi de répartir le développement pour éviter de mettre plus de pression sur les infrastructures routières déjà engorgées.

 

Quoi qu’il en soit, Suzy Peate croit qu’il est de la responsabilité de tous de consommer le territoire de manière responsable et que les efforts doivent être portés en ce sens. Bien que le schéma de la MRC de Montcalm soit signé, elle insiste sur l’importance d’ouvrir le dialogue entre les différents acteurs impliqués afin de trouver des solutions. Ce dialogue, M. La Salle se défend d’avoir tenté de l’ouvrir à maintes reprises avec ses collègues de la MRC de Moulins, sans toutefois obtenir de suite de leur part. « Je suis ouvert à la discussion pour trouver des solutions et améliorer nos infrastructures routières. J’ai tendu la main publiquement à M. Marc-André Plante, maire de Terrebonne, et je n’ai pas eu de retour », précise le préfet de la MRC de Montcalm. Une chose est certaine, à la MRC de Montcalm on n’entend pas s’excuser de l’approbation du SADR. Après sept ans de travail et de nombreux ajustements pour en arriver à se conformer aux demandes du ministère, Pierre La Salle est catégorique : « notre schéma, on ne l’a pas volé, on l’a travaillé et on l’a mérité. »

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