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21 juin 2019

Marie-Christine Gaudreau - mcgaudreau@lexismedia.ca

Saint-Roch-de-l’Achigan se lève contre le projet d’aérodrome

UPA aérodrome SRA

©Photo Marie-Christine Gaudreau

L’UPA de Lanaudière a tenu un point de presse peu avant le début de la séance d’information du promoteur.

CONSULTATION. Après avoir essuyé un revers à Mascouche au terme d’une longue bataille juridique, les promoteurs de la Corporation de l’aéroport de Mascouche tentent maintenant de s’installer en bordure de l’autoroute 25 à Saint-Roch-de-l’Achigan. Le 20 juin se tenait une première séance d’information publique. Des centaines de citoyens se sont entassés dans le sous-sol de l’église pour manifester leur désaccord avec ce projet d’implantation d’un aérodrome. 

Le promoteur, le nouvel OBNL Aérodrome Saint-Roch-de-l’Achigan présidé par Yvan Lambert, vise une relocalisation de l’aéroport de Mascouche sur un lot de terre présentement zonée agricole, en l’occurrence le lot 3 573 486. Le terrain en question fait face au Complexe JC Perreault. Les représentants de la Fédération de l’Union des producteurs agricole de Lanaudière ont déploré le fait que le promoteur se serve de la juridiction fédérale pour empiéter sur la zone agricole. En effet, la construction d’aérodromes relève du fédéral en vertu de la Loi sur l’aéronautique. Ainsi, la Commission de protection du territoire agricole du Québec n’a aucun pouvoir d’impact dans ce dossier. La Loi sur la protection des activités agricoles na s’applique pas non plus.

 

Les citoyens de Saint-Roch-de-L’Achigan affirment se sentir muselés face à ce projet sur lequel ils n’ont aucun droit de regard ni aucun recours. Pour l’UPA de Lanaudière, le sentiment de replonger dans un mauvais souvenir se fait sentir. Une saga semblable s’était déroulée à Saint-Cuthbert en 2017. L’organisation nuance néanmoins le fait ce projet n’avaient pas eu l’odieux de s’implanter dans une zone avec une symbolique agricole aussi puissante qu’à Saint-Roch-de-L’Achigan. « Ça va prendre combien d’aérodromes en zone agricole avant que le gouvernement fédéral comprenne l’urgence d’agir! », a scandé le président du syndicat local UPA Achigan-Montcalm, M. Réjean Allard, lors d’un point de presse donné à la ferme David Mercier juste avant la consultation publique.

 

L’UPA de Lanaudière a d’ailleurs fait parvenir une lettre au premier ministre Justin Trudeau, l’implorant d’intervenir dans ce dossier. Selon la juridiction actuelle, seul le ministre des Transports du Canada, M. Marc Garneau a une totale compétence dans ce type de dossier. Les lois provinciales, les réglementations municipales et les normes environnementales ne sont pas tenues pour compte si le ministre approuve le projet. « On bafoue les règles dont s’est doté le Québec », s’insurge M. Allard. Sur le territoire achiganois, la trame agricole s’impose. Près de 80% des terres sont cultivées en cultures maraîchères et en grandes cultures. Compte tenu du fait que seulement 2% du territoire québécois est propice à la culture du sol, prendre possession d’une parcelle de terre de si grande qualité relève de l’injure pour les producteurs de la région.

Aérodrome SRA consultation

©Photo archives Marie-Christine Gaudreau

La municipalité estime qu’au moins 500 citoyens se sont présentés à la rencontre pour manifester leur désaccord au projet.

Le projet en bref

 

Selon le Règlement de l’aviation canadien, ce type de projet exige une consultation auprès du ministre des Transports du Canada, de Nav Canada, de l’autorité locale responsable de l’aménagement du territoire et des membres du public se trouvant dans un rayon de 4 km.

 

La séance d’information du 20 juin s’inscrivait à l’étape de consultation du public. Au terme de la période de consultation qui doit prendre fin le 3 août, le promoteur est tenu de formuler un rapport faisant état des objections reçues et des mesures prises pour atténuer les préoccupations. Dans un délai de 30 jours, Transports Canada rendra son avis. Si le dossier est approuvé, le chantier pourrait s’activer dès le début du mois de septembre.

 

L’aéroport projeté comporterait une piste de 3 265 pieds de longueur. Il aurait une vocation récréative et de formation. Il se situerait à 3,5 km de la zone bâtie de Saint-Roch-de-l’Achigan et de l’autre côté à 1,5 km du Camping Horizon. La portion du lot située en bordure de l’autoroute 25 servira au développement immobilier, notamment pour la construction de hangars, FBO et postes d’essence. Le promoteur a d’ailleurs annoncé que 51 lots étaient déjà vendus au moment de la séance.

 

Si plusieurs citoyens s’inquiètent du bruit et de la perturbation de leur quiétude, le promoteur a affirmé qu’une étude relative à l’empreinte sonore démontre que l’impact sur la zone sera minime. « Ce n’est pas pire que le son produit par le passage des véhicules sur une autoroute », a-t-il déclaré. Le commentaire a soulevé un vent de protestation dans la salle. Un citoyen œuvrant dans le domaine des murs antibruit s’est d’ailleurs dit très sceptique face à cette affirmation. De plus, des citoyens dont la résidence est établie à moins d’un kilomètre de la piste ont tenu à rappeler leur présence.  

 

En se basant sur le trafic aérien de l’aéroport de Mascouche, on estime le mouvement aérien à 10 000 mouvements par année (décollage et atterrissage) pour 75 appareils. Le président de l’Aérodrome SRA Yvan Lambert vise une capacité de 150 appareils dans une phase ultérieure du projet.

 

Aérodrome SRA empreinte sonore

©Photo gracieuseté - Aérodrome SRA

Le promoteur a partagé le résultat de son étude d'empreinte sonore sur le territoire. Les citoyens sont demeurés sceptiques face à cette démonstration.

Acceptabilité sociale

 

Chose certaine, ce constat ne passe pas le test de l’acceptabilité sociale. « L’acceptabilité sociale est le dernier des soucis du promoteur. On se prépare à aller à une séance d’information publique du promoteur, alors que l’acte notarié est déjà passé depuis le 18 juin », a laissé savoir le citoyen Simon Ducharme durant le point de presse de l’UPA de Lanaudière.

 

Durant la séance d’information, les protestations et les regards désapprobateurs fusaient. Plusieurs participants ont eu du mal à contenir leur rage jusqu’à la période de questions. Le maire de la municipalité Yves Prud’homme s’est efforcé de contrôler les débordements tout au long de la séance. À la sortie des promoteurs, il a tenu à interpeller les citoyens sur l’importance de transmettre leur opinion de manière sensée en laissant leurs commentaires sur le site web de l’Aérodrome SRA. « La seule carte que nous avons c’est l’intérêt public. Il faut qu’on la transmette », a-t-il prié les personnes présentes. Un registre statuant les considérations de la municipalité en lien avec le projet était à la disposition des citoyens invités à apposer leur signature.

 

On pouvait y lire que le projet présenté n’est pas dans l’intérêt public des citoyens puisqu’il se situe sur des terres agricoles, qu’il causera une nuisance sonore, qu’il nuira au paysage et à la quiétude du territoire, qu’il sera situé à proximité d’un secteur résidentiel qui brimera la qualité de vie des personnes concernées et qu’il aura un impact négatif sur la circulation sur le Rang du Ruisseau des Anges.

 

Parmi les nombreuses interventions, le citoyen Sébastien Marcil s’est démarqué en se prononçant comme étant farouchement contre le projet. Il s’est ardemment porté à la défense des citoyens, interpellant M. Lambert sur ses antécédents, notamment en matière de traitement de plaintes, dans de précédents projets d’aéroports. Ses prises de parole ont été acclamées par la foule. « La seule personne qui peut empêcher son projet c’est le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau. Ça tombe bien, on s’en va en élections fédérales! », s’est-il exclamé. Il a tenu à mobiliser les troupes à jouer la carte politique. Il a réclamé la tenue d’un référendum consultatif, insistant sur sa position, malgré que le maire Prud’homme ait affirmé que ce soit impossible de procéder.

 

En fin de rencontre, le député fédéral de Montcalm Luc Thériault s’est adressé aux citoyens, leur assurant qu’il les appuierait dans leurs actions contre le projet. Le député de Rousseau Louis-Charles Thouin était aussi présent pour prendre le pouls de la salle. Devant la consternation, il s’est engagé à discuter de la situation avec le premier ministre, M. Legault, afin qu’une discussion avec son homologue fédéral soit organisée pour mettre des pressions et faire freiner le projet.

 

 

Les citoyens sont invités à formuler leurs commentaires et leurs objections en lien avec le projet d’implantation de l'Aérodrome Saint-Roch-de-L’Achigan avant le 3 août à l’adresse suivante http://www.aerodrome-sra.ca/commentaires-observations

Aérodrome SRA Consultation

©Photo Marie-Christine Gaudreau

Le citoyen Sébastien Marcil a interpellé le promoteur Yvan Lambert sur ses antécédents. Il s’est ardemment affiché en défaveur du projet d’aérodrome.

Commentaires

21 juin 2019

Ginette Arbour

Suite à la consultation qu'il y a eu lieu le 21 juin, je désapprouve l'installation de l'aérodrome à St-Roch de L'Achigan car les gens ,les animaux ,le secteur résidentiel,le secteur agricole, la pollution par le bruit , la pollution de l'air , nous avons de nombreuses personnes âgées chez nous des enfants etc.. et je dis non à ce projet d'aérodrome .non,non et encore non.

24 juin 2019

Ghislain Rochette

À la campagne au Québec nous avons quelques mois ou on peut finalement ouvrir les fenêtres, être en contact avec le nature et profiter normalement d'une certaine quiétude. Faire le choix de vivre à la champagne c'est un style de vie qui normalement ne devrait pas s'accompagner des bruits/parasites sonores suivants: les tondeuses à gazons, les cris des enfants dans la piscine du voisin et le passage heureusement sporadiques, mais obligés, des motos...!sur la rue principale. Là s'arrête les limites. UN AÉRODROME est un anachronisme extrême, et indésirable et virgulant, vraiment incompatible avec quoi que ce soit qui rime avec tranquillité. On nous parle de création d'emploi....Le Québec entier est en pénurie de main d'oeuvre...non recevable. Nous ne sommes plus dans une époque ou l'on ne peut plus charrier les gens avec des argumentaires d'une autre époque. Le bien être commun et la qualité de vie est le choix pour les gens de St-Roch-de-l'Achigan. Ce choix n'intéresse visiblement pas les acharnés promoteurs(en référence avec le dossier Mascouche). De combien serait dévalué votre propriété avec des aéronefs circulant au dessus de votre tête lors de la visite de client potentiel. Levez-vous. Et surtout, soyez créatifs : Infoman/98.5 FM/radio régional/journaux régionaux etc. Je ne dis pas non à l'aérodrome, JE DIS JAMAIS. Un jamais définitif.

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