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13 mars 2019

Sarah Élisabeth Aubry - seaubry@lexismedia.ca

« J’ai toujours accordé une grande importance à la solidarité féminine » - Ghislaine Pomerleau

Femme et politicienne

Ghislaine Pomerleau

©Photo Caroline Babin - L'Express Montcalm

Ghislaine Pomerleau avoue s’inspirer de la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

FEMME. Celle qui se décrivait comme une féministe engagée dans les années 80 accorde toujours une grande importance à la solidarité féminine. Selon elle, les femmes doivent encore travailler fort pour conserver leurs acquis. À l’occasion de la Journée internationale des femmes, L’Express Montcalm s’est entretenu avec la mairesse de Saint-Liguori, Ghislaine Pomerleau.  

Pour Mme Pomerleau, la célébration des droits des femmes demeure bien d’actualité. « C’est une façon de s’assurer que nous conservons nos acquis, car ils sont toujours fragiles. Il s’agit également d’une belle occasion de se réunir entre femmes. » 

Pour la mairesse de Saint-Liguori, la Journée internationale des femmes permet de rappeler aux femmes l’importance de croire en elles et d’oser… oser se lancer en politique peut-être? Ghislaine Pomerleau a travaillé pendant trente ans pour l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Elle a choisi de se tourner vers la politique quelque temps avant de prendre sa retraite de ce domaine.  

« J’ai toujours beaucoup suivi la politique, à tous les niveaux. Puis, un jour, j’ai reçu un appel téléphonique. On avait pensé à moi pour un poste de conseillère municipale. Je ne suis pas native de Saint-Liguori, mais j’étais connue à deux endroits; au conseil d’établissement dans les écoles et à l’église puisque je chantais dans la chorale. J’ai donc décidé de me lancer. »  

C’est ainsi que Mme Pomerleau a débuté sa carrière en politique. Elle a agi huit ans en tant que conseillère municipale. Puis, songeant se présenter pour un troisième mandat, le destin l’a rattrapé.  

La politicienne n’appréciait pas l’atmosphère qui régnait sur la scène politique municipale à l’époque. « Je sentais qu’il y avait plusieurs vieilles rengaines et je ne voulais pas travailler comme ça. C’était évident pour moi, il n’y avait qu’une seule chose à faire, me présenter à la mairie. » Aux élections de novembre 2013, Mme Pomerleau s’est donc présentée avec une équipe de trois conseillers et trois conseillères. Et l’ensemble des candidats ont été élus.  

Discussion autour d’un tracteur  

Pour la mairesse de Saint-Liguori, les femmes en politique ont davantage de défis à relever par rapport aux hommes. Il y a encore des différences perceptibles. « Lors des rencontres, si je suis avec un conseiller ou le directeur général et que l’on aborde des dossiers qui touchent la voirie ou lorsque l’on parle de tracteurs, les questions s’adressent automatiquement aux hommes. Pour ramener l’attention vers moi, je pose une question précise sur le sujet. » 

Mme Pomerleau estime que les femmes gagnent du terrain en politique, mais qu’elles doivent encore faire valoir leur place. « En étant une femme, je n’ai pas le droit à l’erreur. Je dois très bien maîtriser mes sujets et demeurer à l’affût. C’est facile de dire, ‘’elle ne connaît pas ses dossiers’’».  

À la table de la MRC de Montcalm, où siègent huit hommes et deux femmes, Mme Pomerleau réitère l’importance de se faire entendre. « Au départ, Véronique Venne (mairesse de Sainte-Marie-Salomé) et moi étions assises l’une en face de l’autre. On pouvait ainsi se faire des signes et s’appuyer l’une sur l’autre. Il y a toujours eu une belle entraide et une complicité entre nous, malgré nos différences. » 

La mairesse de Saint-Liguori accorde par ailleurs une grande importance à la solidarité féminine. « J’ai toujours travaillé avec beaucoup d’hommes au gouvernement. Alors lorsqu’il y avait une femme avec moi, je trouvais ça important que l’on s’entraide. J’ai toujours fait attention à ça. »  

Place à la relève 

Celle qui songe solliciter un dernier mandat en 2021 aimerait voir se mettre en place une relève en politique à Saint-Liguori, avec des femmes et des jeunes, notamment. Mais pour ce faire, il faudra ajuster les conditions et le salaire en conséquence selon elle. « Le salaire pour le poste de maire est de 21 000 $ par année en ce moment. Et ça représente un poste à temps plein. Si l’on veut avoir une bonne relève, il faudra proposer un salaire décent. » 

Les prochains mois se promettent d’être chargés pour Mme Pomerleau, qui voit se concrétiser un important projet à Saint-Liguori; la mise en place du réseau d’égoûts. « C’est une belle réussite d’être allée chercher 10 M$ de subventions pour ce projet lors de mon premier mandat. Cela représente cinq fois le budget de la municipalité. »  

Soulignons qu’en plus de son poste à la mairie, Ghislaine Pomerleau dirige sa propre entreprise avec son neveu, Agro-Inspection, spécialisée en inspection de champs de semences. « J’ai aussi un cours en massothérapie et en aromathérapie… notamment. Est-ce que je m’en servirai plus tard? On verra », termine-elle.  

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