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06 mars 2019

Sarah Élisabeth Aubry - seaubry@lexismedia.ca

Le défi d’une éleveuse qui veille à la sauvegarde de nos animaux

Races patrimoniales

Races patrimoniales

©Photo gracieuseté - Émilie Nadeau MAPAQ - L'Express Montcalm

On retrouve ici Mélanie Gagné tout près d’une vache dans l’étable. Ce moment a été capté dans le cadre du concours de l’Ordre National du Mérite Agricole l’an dernier.

PATRIMOINE. Connaissez-vous le bovin Canadien, le cheval Canadien et la volaille Chanteclerc? Plusieurs l’ignorent, mais ces trois races typiques de la culture québécoise sont en voie d’extinction. Poussée par le désir de conserver ses races patrimoniales, Mélanie Gagné se dévoue à les faire valoir.  

Diplômée de l’Université McGill en Science de l’agriculture et de l’environnement, Mélanie Gagné élève des chevaux Canadiens, des volailles Chanteclerc et des vaches Canadiennes à la Ferme Triple G à Saint-Esprit. Elle souhaite sensibiliser la population sur l’agriculture et les races patrimoniales qui ont fait partie de l’histoire du Québec.  

Celle qui s’implique bénévolement à titre de secrétaire-trésorière pour la Fédération de producteurs des races patrimoniales du Québec inc. (FPRPQ) œuvre avec d’autres bénévoles à faire avancer la cause et à mettre de l’avant des solutions, puis des actions pour sauvegarder ces animaux. Ce qu’elle demande tout comme l’organisme sans but lucratif actif depuis 2005 est de reconnaître les races patrimoniales. Pour y arriver, Mme Gagné se tourne vers l’appui du gouvernement.  

Elle a par ailleurs rencontré l’attaché politique du ministre responsable de Lanaudière, François Saint-Louis, pour avoir accès à du soutien comme la faune sauvage qui bénéfice des ressources humaines et financières pour la protéger. Ce dernier s’est rendu sur sa ferme le 16 janvier dernier, afin d’échanger. 

Mme Gagné a ressenti une ouverture de la part de M. Saint-Louis et a bon espoir que ce dernier voudra faire avancer le dossier. « Il est temps pour ces animaux d’être reconnus par leur propre peuple et il est temps pour le peuple d’être fier de ces animaux qui lui sont propres. Il s’agit d’un bien culturel inestimable. Reconnaissons-le, chérissons-le et sauvegardons-le », s’exclame-t-elle.  

Races patrimoniales

©Photo gracieuseté - Mélanie Gagné - L'Express Montcalm

Mélanie Gagné souhaite créer un sentiment de fierté autour de ses précieuses races.

De plus en plus rares 

Grâce à une étude approfondie par l’Association Québécoise du Cheval Canadien en 2013, 2 456 chevaux Canadien ont été recensés au Québec. De ce chiffre, il y aurait près de la moitié qui serait des mâles et 1 228 juments. D’après des chiffres plus récents, on considère qu’il y aurait 31 poulains, soit un nombre moins important qu’au début des années 2000.  

Du côté de la volaille Chanteclerc, aucun registre fiable n’a enregistré ces données. Pour sa part, l’organisme à but non lucratif canadien Rare Breeds Canada avait entamé il y a une dizaine d’années une recherche pour les recenser. 

L’organisme estimait à près de 1 500 oiseaux tout âge et tout sexe confondus. Mélanie Gagné ajoute que la vache Canadienne est la race la plus en danger. Au total, il ne resterait que 1 000 vaches Canadiennes enregistrées, dont 200 pur-sang et 60 pur-sang originelles remontant aux origines sans aucun croisement.  

Plusieurs producteurs choisissent les vaches d’Europe pour sa plus grande production de lait. Comme l’exprime la bachelière en science, les producteurs doivent payer leurs quotas liés à la production laitière, c’est pourquoi ils se tournent vers la vache d’Europe qui en assure une plus importante. L’une des solutions envisagées serait d’obtenir une dérogation pour les races patrimoniales.  

Projet de ferme éducative 

Mère de trois jeunes enfants, Mélanie Gagné aimerait augmenter les effectifs de ses productions pour faire mieux connaître les races patrimoniales au public. Elle possède déjà deux vaches pur-sang originelles et vise à hausser sa production.

Son rêve est d’ouvrir les portes de sa ferme et faire découvrir ces races aux écoles, aux garderies, aux groupes corporatifs et aux aînés.  

La maman a d’ailleurs commencé à partager ses connaissances en sensibilisant des jeunes d’une classe de maternelle de l’école Dominique-Savio, à Saint-Esprit. 

Les enfants étaient capables à la fin de la rencontre de différencier les animaux. Ils ont pu approcher un coq et une poule Chanteclerc. Son projet éducatif ne s’arrête pas là, il se poursuivra au printemps. Ayant un caractère éducatif, la prochaine activité consistera à incuber en classes des œufs de Chanteclerc.  

Pour en savoir plus ou être membre supporteur de la FPRPQ, visitez-le www.fprpq.com ou voir la page Facebook / info.fprpq@gmail.com.  

Races patrimoniales

©Photo gracieuseté - Mélanie Gagné - L'Express Montcalm

La mère de famille est allée donner un atelier portant sur les races patrimoniales dans la classe de sa fille, Mélianne, avec des élèves de maternelle à l’école Dominique-Savio à Saint-Esprit.

          Portrait des races 

  • Le bovin Canadien est descendant des races françaises. C’est entre 1601 et 1665 que les noyaux bovins donnent naissance à la Canadienne. Utile à l’époque pour le transport, elle consistait aussi un apport pour la production de lait et de viande. Pour améliorer sa production, des gens ont procédé à des croisements avec d'autres races, notamment la Suisse Brune.  

  • Le cheval Canadien remonte pour sa part aux années de la Nouvelle-France. Les chevaux se reproduisent abondamment pendant près de cent ans. Implantés au Québec, les plus forts résistent aux intempéries de l’hiver. Il est utilisé dans diverses sphères de la vie telles dans les compétitions, travaux dans les champs, promenades, etc. Au fil des années, on exporte en grande quantité le cheval Canadien. Le gouvernement fédéral voit à cette diminution. Des programmes sont ouverts au fédéral, puis par la suite c’est le provincial qui prend la relève.  

  •  La volaille Chanteclerc est quant à elle considérée comme une bonne pondeuse l’hiver. Elle a failli disparaître, mais grâce à ceux qui ont pu la sauver, elle est maintenant encore existante. D’ailleurs, l’intérêt porté pour cette race renaît.  

 

Races patrimoniales

©Photo gracieuseté - Mélanie Gagné - L'Express Montcalm

Voici la première vache Canadienne de l’éleveuse qui s’appelle Myr Lauréat Cytase. 

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