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22 novembre 2018

Sarah Élisabeth Aubry - seaubry@lexismedia.ca

Le citoyen inquiet fait appel à un expert

Futur étang des eaux usées à Saint-Liguori

Vue aérienne de Saint-Liguori

©Photo gracieuseté - Mario Richer - L'Express Montcalm

:La rue aérienne où sera construit le bassin de béton de l’autre côté de la rivière Ouareau.

L’écrivain, philosophe et citoyen engagé, Cajetan Larochelle poursuit ses démarches pour se faire entendre auprès de la municipalité de Saint-Liguori sur les conséquences du bassin d’eaux usées qui sera construit de l’autre côté de la rivière Ouareau en face de sa propriété. Il a demandé à l’ingénieur et conseiller en gestion des eaux et administration publique, Alain Saladzius, de se pencher sur le dossier. Il a notamment présenté un rapport à la Ville de Saint-Liguori. 

Ayant fait le choix de demeurer à Saint-Liguori avec sa femme, Cajetan Larochelle a revitalisé le terrain sur lequel il habite toujours en misant fondamentalement sur un lieu de vie harmonieux là où il a planté des arbres et a ajouté des murets de pierre. Aujourd’hui, il voit ses efforts mis en péril, puisque d’ici quelques mois, son environnement qu’il a tenu à protéger au cours des dernières années subira les conséquences de cette implantation. 

Appel à un expert 

Alors qu’il redoute du projet les impacts, l’écrivain s’est tourné vers Alain Saladzius qui a œuvré durant trente ans pour le ministère de l’Environnement et de la Faune du Québec, afin d’examiner le bassin des eaux usées à parois verticales. « Nous avons mandaté l’un des plus grands experts au Québec dans le domaine des bassins à titre personnel, car on trouvait qu’il y avait quelque chose de démesuré », affirme le citoyen. 

Vue aérienne de Saint-Liguori

©Photo gracieuseté - Mario Richer - L'Express Montcalm

Le bassin se trouvera derrière un grand entrepôt. Il ne sera pas perceptible de la route.

Suite aux suggestions et remarques de ce dernier, M. Larochelle dépose le rapport à la municipalité en guise de référence pour améliorer le projet dans l’ensemble. N’ayant pas accès à l’ensemble des informations, l’ingénieur a pu poser un regard sur l’aménagement et la façon dont les plans ont été pensés par la firme GBI, daté du 30 août 2018, et autorisés par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC).  

Observations 

« Je n’ai pas d’inquiétude au niveau de la performance, mais plus à propos des coûts du projet », indique M. Saladzius. Il observe une grande quantité de clôtures et un imposant bassin qui aurait pu être fait plus petit. Selon lui, le volume est trop grand, voire surdimensionné pour le nombre de citoyens comparativement à un projet similaire réalisé il y a deux ans à Saint-Alphonse-Rodriguez avec un volume correspondant à sa population. « Le bâtiment se démarque par sa luxure dans ses matériaux et son concept architectural (murs en apparence de pierre, revêtement en métal, toit métallique à multiples versants, finition, etc.) qui ne se justifient pas pour l’usage prévu ni pour son intégration dans le milieu bâti, à l’arrière d’un bâtiment industriel abandonné », peut-on lire dans le rapport d’Alain Saladzius. 

Pour l’environnement, c’est le visuel qui se trouvera affecté. Les étangs aérés restent une bonne option à envisager pour les odeurs reliées aux dégrilleurs, mais les éclairages doivent être limités. C’est pourquoi il suggère d’installer un détecteur de mouvement qui s’allume en cas de besoin. 

« Il faut garder le caractère rural et paisible », assure-t-il. La municipalité évalue la possibilité d’ajouter des arbres qui ne devront pas créer d’ombrage pour les étangs, afin de ne pas minimiser l’impact de la qualité du traitement. La municipalité maintient son point de vue pour conserver la clôture qui servira à sécuriser le site et le bâtiment de service.  

Glace à Saint-Liguori

©Photo gracieuseté - Elizabeth Landry - L'Express Montcalm

L’impact visuel se retrouvera à être affecté pour les plaisanciers qui veulent profiter des attraits de la région.

En ce qui concerne le chemin périphérique du bassin, l’expert souligne que le bassin pourrait être réduit de moitié de largeur permettant de l’éloigner de la rive, puis de réduire du même coup son épaisseur. Il soulève aussi que les haies de cèdres plantées sur la largeur du site ne seraient pas nécessaires engendrant des coûts. La mise en place d’un talus de pierre du côté de la rivière constituerait une problématique en raison que la pente qui serait instable, voire vulnérable au ruissellement vers la rivière.

 « Du point de vue de la Loi sur le patrimoine incluant la nature et l’aspect agricole, le regard du plaisancier sur le talus et sur la clôture métallique à mailles serrées qui longe toute la rivière est, nous semble-t-il, inacceptable », rapporte Cajetan Larochelle. 

D’autres commentaires sont également inscrits dans le rapport. « La prise en compte de ces commentaires permettrait des économies de quelques centaines de milliers de dollars en coûts de construction et un impact important pour l’exploitation », conclut l’ingénieur à la fin du document. 

Pour Cajetan Larochelle, toutes ces démarches sont faites dans un esprit nomade pour le bien commun et les générations à venir. Ayant visité plusieurs sites d’étang des eaux usées, dont celui à Saint-Thomas, Saint-Esprit, Saint-Ambroise, Saint-Béatrix, Chertsey, Saint-Alphonse-Rodriguez, le citoyen considère que ce dernier est un modèle à suivre. 

« Quand on est allé à Saint-Alphonse-Rodriguez ma compagne et moi, on avait des doutes face au projet de Saint-Liguori par rapport à son ampleur et au site choisi. S’il y a trop de bruit dans les faits, ma conjointe et moi allons devoir déménager », déplore le philosophe.  

La municipalité avisée  

Pour sa part, la mairesse de Saint-Liguori, Ghislaine Pomerleau rapporte que son équipe va regarder le rapport reçu récemment. « C’est dur à suivre », explique Mme Pomerleau quant aux demandes faites par M. Larochelle, qui a changé d’avis sur différents points à la suite des commentaires de l’expert. « On va regarder ça. C’est un ingénieur qui propose des suggestions. Ce n’est pas anodin », constate-t-elle. 

Les appels d’offres liés au bassin devraient être envoyés d’ici janvier 2019. « On a encore du temps pour regarder ça et travailler, partage la mairesse. On avait prévu mettre un talus, mais l’expert de M. Larochelle a présumé que le talus serait trop abrupte. On avait aussi prévu de mettre une haie de cèdres, mais ils n’en veulent pas. Je ne sais plus; on va regarder cela. » D’ici la mi-décembre, tout le dossier devrait pouvoir être abordé avec les ingénieurs.

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