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13 septembre 2017

Geneviève Geoffroy - ggeoffroy@lexismedia.ca

Mis en état d'arrestation pendant son transport en ambulance

©Photo TC Media - Geneviève Geoffroy

JUSTICE. Le premier policier qui est arrivé sur la scène où une mère de famille est décédée sur le coup après qu'une voiture ait défoncé sa chambre à coucher à Saint-Alexis, en octobre 2014 a raconté, mercredi, au procès du jeune homme accusé de l'avoir tuée étant saoul au volant, pourquoi il avait procédé à l'arrestation de ce dernier à peine une heure après le drame.

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L'agent Mathieu Gravel Turgeon a témoigné devant le tribunal qu'il était déjà « en mode enquête » quelques minutes après son arrivée, vers 3 h 50, à la résidence où la mère de trois enfants, Rachelle Middleton, 36 ans, est décédée.

Il a d'abord constaté, a-t-il dit dans son témoignage, des traces d'un véhicule ayant quitté la chaussée mouillée de la route, pourtant droite, pour se diriger directement dans la maisonnée.

 « Je me suis rendu compte avec la scène que le conducteur du véhicule n'avait pas eu une conduite diligente, a raconté l'agent Mathieu Gravel-Turgeon en début d'interrogatoire. Ce n'est pas normal avec une route droite comme le rang de la Petite-Ligne que le véhicule soit rentré dans la maison. »

« Comme un animal en cage »

Lorsqu'il est entré dans la demeure lourdement endommagée par la voiture, il affirme avoir « focussé » (sic) sur  Anthony Bélanger, qui était, selon lui, seul à l'intérieur du véhicule profondément encastré dans la maison et entouré de débris de toutes sortes.  

Selon lui, Anthony Bélanger était « paniqué » et tentait par tous les moyens de sortir du véhicule.

« Il était comme un animal en cage, a-t-il dit. Il donnait des coups d'épaule, je voyais le cadrage de la voiture bouger par ses tentatives, mais les portes n'ouvraient pas. »

« Un suspect potentiel »

Selon lui, Anthony Bélanger a dû attendre 30 minutes avant que les pompiers ne le sortent de la voiture, vers 4 h 20. L'agent affirme l'avoir surveillé tout ce temps.

« Au moment où les pompiers s'affairaient à le sortir, je suis allé voir dans le véhicule s'il y avait un autre occupant et il n'y avait personne, a-t-il poursuivi. Il a été pris en charge par les ambulanciers, je suis demeuré en retrait, mais toujours à proximité parce qu'il s'agissait d'un suspect potentiel. »

L'agent Gravel-Turgeon a affirmé être embarqué dans l'ambulance, à l'arrière, avec l'accusé, alors sous masque à oxygène, et un autre ambulancier puis l'avoir mis en état d'arrestation pour conduite dangereuse causant la mort.

« Étant donné la conduite, puis il y avait un mort – je savais qu'une personne était décédée – et il y avait un blessé qui allait peut-être mourir », a-t-il expliqué.

Selon lui, Anthony Bélanger s'est identifié comme étant le propriétaire du véhicule Kia gris.

Une forte odeur d'alcool

Puis,  à peine quelques minutes plus tard, quand l'ambulancier a retiré le masque à oxygène d'Anthony Bélanger, le policier a dit avoir senti « une forte odeur d'alcool sortir de sa bouche ».

« Il avait les yeux vitreux et jaunis, la bouche pâteuse et il mâchait ses mots », a-t-il ajouté.

À ce moment, il a dit avoir eu assez de motifs en mains pour l'arrêter de nouveau, cette fois, pour conduite avec les facultés affaiblies. Une fois à l'hôpital, Anthony Bélanger a eu des prises de sang. Celles-ci, selon la théorie de la poursuite, montreraient qu'il avait un peu moins du double de la limite d'alcool permise pour conduire.

Anthony Bélanger a pu sortir de l'hôpital deux jours plus tard. Il a été formellement accusé de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort et des lésions corporelles et de conduite dangereuse causant la mort et des lésions corporelles. Il a pu recouvrir sa liberté jusqu'à la tenue de son procès moyennement de sévères conditions et une caution de 10 000 $.

Examen visuel

Avant que le policier témoigne, un mécanicien, déclaré expert par le tribunal, ayant expertisé, à la demande de la police, le véhicule ayant défoncé la maison de Saint-Alexis a déclaré que la direction, la suspension, les freins et les pneus du véhicule étaient en bon état.

« Après une inspection visuelle, on n'a rien vu qui aurait pu causer un impact ou une collision », a mentionné Jacques Lajeunesse.

Il a cependant admis en contre-interrogatoire mené par l'un des avocats de l'accusé qu'il n'avait pas été en mesure de vérifier plusieurs composantes du véhicule en raison de son état endommagé, tel que le système de freinage par exemple, et qu'il ne pouvait pas exclure qu'une défectuosité ait pu survenir sur la voiture.

Le procès d'Anthony Bélanger doit se poursuivre jeudi, au palais de justice de Joliette.

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