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10 novembre 2017

Geneviève Geoffroy - ggeoffroy@lexismedia.ca

Ses parents ont planifié des crimes sexuels contre elle pendant la grossesse

©Photo gracieuseté – Depositphotos.com/EDU1971

JUSTICE. La poursuite réclame de lourdes peines de 13 ans et de 10 ans de pénitencier contre un père et une mère de Saint-Lin-Laurentides qui avaient planifié dès la grossesse d'utiliser leur fille comme objet sexuel.

L'homme de 31 ans et son ex-conjointe de 30 ans, qu'on ne peut nommer afin de protéger la fillette, ont fait vivre à celle-ci d'impensables horreurs en multipliant les gestes sexuels à son endroit pendant des années.

En mai dernier, l'ex-couple, aussi parent d'un deuxième bambin, a d'ailleurs plaidé coupable à plusieurs accusations la concernant, dont production, possession et distribution de pornographie juvénile, contacts sexuels, incitation à des contacts sexuels et agression sexuelle.

Projet d'abus

Les crimes scabreux ont commencé alors que la fillette avait à peine qu'un an. Or, le projet d'abuser d'elle sexuellement est apparu durant la grossesse.

« Il s'agit donc de gestes planifiés », a soulevé la procureure de la poursuite, Me Roxanne Gagné, le 9 novembre, lors des représentations sur la peine du père.

Elle réclame maintenant qu'il purge une peine de 13 ans de pénitencier pour ses crimes, alors que la défense souhaite une peine de sept ans.

Quant à la mère, la procureure a exigé en juillet qu'elle purge 10 ans de pénitencier, alors que la défense a de son côté soumis un quantum situé entre six et sept ans.

Lire aussi: Ses parents ont planifié des crimes sexuels contre elle pendant la grossesse

Lire aussi: Le père et la mère du « couple maudit » de Saint-Lin-Laurentides écopent de 13 et 11 ans de pénitencier pour avoir utilisé leur fillette comme un objet sexuel

Augmentation

Selon l'enquête policière, il est difficile de quantifier les gestes commis, mais la preuve permet de démontrer une augmentation à partir des années 2012 et 2013.

Aujourd'hui âgée de huit ans, la jeune fille a déjà été abusée par six personnes, a relevé la procureure de la poursuite.

« En plus d'en avoir abusé, ils ont permis à d'autres de le faire, dont un homme rencontré sur un forum, ainsi qu'un couple de Québec et sa fille », a-t-elle ajouté.

Système de récompense

Pour qu'elle adopte les comportements qu'il souhaitait, le couple avait instauré un système de récompense qui « glorifiait » les crimes sexuels commis à son endroit.

Selon la procureure de la poursuite, l'ex-couple tentait ni plus ni moins que de normaliser ses pratiques sexuelles déviantes et les gestes d'abus.

D'ailleurs, selon ce que la fillette a notamment raconté à la police, ses parents prenaient des photos d'elle nue et de ses parties intimes, prétextant les envoyer au médecin de la famille et que son père était également nu lors de la prise des photos parce qu'il avait le même médecin.

Des milliers de photos

Par ailleurs, selon ce qui a été révélé en cours lors des représentations sur la peine du père, celui-ci agissait à titre de modérateur sur le « Dark Web ».

Des photos de la petite fille se sont retrouvées sur Internet.

Certaines d'entre elles y sont toujours et continuent à alimenter des pratiques sexuelles déviantes, a déploré Me Gagné.

Plus de neuf mille photos uniques et près d'une quarantaine de vidéos ont été saisies dans les ordinateurs du couple, après qu'il eut été dénoncé par un réseau social en juillet 2015 au National Center for Missing & Exploited Children (Centre national pour les enfants disparus et exploités) en raison du téléversement d'un cliché contenant de la pornographie juvénile.

Sur plusieurs des clichés, la fille de l'ex-couple portait un masque vert ayant été saisi par la police.

Une des photos prises remonte à 2010, alors qu'elle avait à peine un an.

Des photos montrant d'autres enfants en bas âge dans des positions suggestives ont aussi été trouvées dans l'ordinateur du couple, en plus de celle de sa fillette.

Certaines de ces photos impliquent des objets et des animaux.

Violence psychologique

Les parents ont aussi usé de violence psychologique envers leur enfant, selon ce que la preuve amassée contre eux a révélé.

« Ils lui disaient de ne pas en parler parce que sinon ils allaient partir et qu'elle et [l'autre enfant] ne les reverraient plus », a souligné Me Gagné.

Selon elle, ce père et cette mère ont ainsi profité de la naïveté et de la vulnérabilité de leur enfant pour qu'elle ne parle pas.

Pas délinquant à contrôler

L'accusé a été évalué à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal, un hôpital psychiatrique, spécialisé en psychiatrie légale, à la demande de la poursuite afin de déterminer si elle pouvait déposer une requête devant la cour afin de le faire déclarer délinquant dangereux à contrôler.

Or, le rapport rendu au tribunal estime que cette mesure n'est pas nécessaire et ne conclut pas qu'il doit être déclaré comme tel.

Défense

À la défense de son client, Me Joanie Chaîné, a soulevé, entre autres, que la quantité exacte d'agressions sexuelles ainsi que la fréquence des gestes n'avaient pas pu être établie par l'enquête policière.

Elle a ajouté que celui-ci avait été abusé par son grand-père quand il était jeune et que, selon sa version, l'idée initiale d'abuser de leur fille venait de son ex-conjointe même s'il se savait « responsable à 100 % » et qu'il vivait « énormément de culpabilité ».

Elle a soulevé que son client avait des traits de personnalité de type dépendant affectif et qu'il craignait l'abandon, selon divers rapports commandés par la cour.

Selon elle, l'accusé est allé chercher de l'aide depuis le début de sa détention, en juin 2016 et il compte continuer à le faire.

Son absence d'antécédents judiciaires et le fait qu'il ait plaidé coupable à de multiples accusations qui pesaient contre lui font partie, selon elle, des facteurs que le juge doit prendre en compte dans l'imposition de la peine.

L'accusé et son ex-conjointe doivent revenir devant le tribunal en décembre, moment où ils devraient recevoir leur sentence.

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