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Quatre gros points pour le Canadien

La chronique hockey de Martin McGuire

Publié le 21 mars 2017

©PC

La dernière fin de semaine nous a amené du hockey passionnant et un avant-goût des séries.

Assez surprenant, le CH a balayé les deux matchs contre les Sens. Dans le meilleur des mondes, il était possible d'envisager deux points sur quatre. Les Sens ont vécu une déception, car ils avaient un match en main avant le week-end et le premier rang en vue.

Un jeu structuré et un gardien de but au sommet de son art ont permis au Canadien de voler quatre points. Une avance pas insurmontable au classement pour la troupe de Guy Boucher, mais qui permettra au CH de jouer avec un peu moins de pression

Quelques faits marquants du week-end

Depuis le début de la saison, on a remarqué que lorsque Max Pacioretty ne marquait pas, le CH ne gagnait pas. Habitué à une production de cinq à sept tirs par match, le capitaine trouve le fond du filet aux cinq-six lancers. Comme c'est mathématique, ses buts ont souvent été synonymes de victoire.

Mais en fin de semaine, les Sens ont bien neutralisé le premier trio du CH: Galchenyuk, Pacioretty et Radulov ont été blanchis de la feuille de pointage. Radulov a même connu un de ses moins bons week-ends de la saison.

En même temps, la décision de Claude Julien de retourner Galchenyuk au centre du premier trio et de se servir de Paul Byron et de Tomas Plekanec sur le 2e trio a payé. Le CH a battu les Sens à deux reprises avec ses 2e et 3e trios.

Celui qu'on appelle désormais Super Paul a encore fait de la magie. Lui et Brendan Gallagher ont même redonné vie à Plekanec, qui connaît une des saisons les plus sombres de sa carrière. Même Plekanec a marqué.  

Gallagher a repris ses bonnes habitudes dans l'ouest et a joué dans le coco des joueurs des Sens. Byron en a profité pour jouer les héros, lui qui est devenu le joueur-clé lors des tirs de barrage et dont la rapidité devient un casse-tête pour les défenseurs adverses.

Le trio de Philip Danault n'est pas en reste, car il a mérité tout le crédit qu'on pouvait lui donner en fin de semaine. Composé de la recrue Artturi Lekhonen, qui fait à peu près tout bien, sauf faire scintiller la lumière (ça s'en vient...) et par le très utile Andrew Shaw, ce trio a été de tous les instants une menace pour les Sens. On a même revu le Andrew Shaw que Marc Bergevin a sorti de Chicago, ce joueur d'émotion, véritable poison pour les défenseurs et gardiens lorsqu'il est autour du filet adverse. Il a retrouvé ses moyens.

Le CH n'est pas parfait, Claude Julien l'a ainsi dit après les deux victoires, il y a passablement de boulot avant de faire de cette équipe une troupe qui peut avancer loin en séries. Quoi qu'il en soit, les morceaux tombent en place.

À la ligne bleue, le vétéran Markov a été brillant à côté de Weber. Ils ont pris de grosses minutes et ont démontré leur efficacité sur les unités spéciales. Ils ont eu le dessus sur le premier trio des Sens, celui de Kyle Turris.

Le retrait la semaine dernière de Emelin et Beaulieu a permis de replacer certaines choses. Il est impératif qu'Emelin retrouve ses moyens, car le CH ne pourra pas s'en sortir s'il n'est pas à 100%. Beaulieu demeure aussi énigmatique, mais d'avoir manqué deux matchs pourrait le placer dans une situation avantageuse pour l'équipe. Il ne manque pas de bonnes intentions, mais parfois, son jugement fait défaut.

Même si Brandon Davidson s'en est tiré pas trop mal, le CH est une meilleure équipe avec Emelin et Beaulieu. Julien les a protégés sur la place publique, car ils ont besoin avant tout d'être réconfortés. Un bon coach a du leadership et Julien en a.

Le CH a remporté six matchs en prolongation depuis son arrivée, ce qui nous montre que lorsque la pression est forte, l'équipe est confiante. L'air est plus respirable et Carey Price a repris les choses en main.

À première vue, la semaine s'annonce plus facile pour le CH, avec la visite de deux équipes exclues des séries, mais attention, les Sens reviennent le week-end prochain.

Les Olympiques

Vous savez, il y a encore un dossier olympique qui traîne sur le bureau de Gary Bettman.

L'indifférence semble être devenue la stratégie. Plusieurs intervenants concernés, comme le CIO, et les partenaires télévisuels du mouvement olympique attendent. Les conditions sont sur la table, mais il n'est pas encore minuit moins quart pour Gary Bettman.

Des infos nous laissaient croire qu'en début de séries, une entente pouvait survenir. Par contre, des gens plus pessimistes disent que le commissaire attendra à la fin des séries, autour du repêchage, pour ficeler une entente envoyant les joueurs de la LNH aux Jeux olympiques.

Rien n'est gagné, mais la pression est de plus en plus forte. Pas sur la LNH, pas sur M. Bettman et son cercle rapproché, mais le CIO et le comité organisateur des Jeux de 2018. Eux qui n'ont pas levé le petit doigt pour faire avancer le dossier.  

Les réseaux de télé ne veulent pas d'un tournoi de second ordre après avoir ouvert leur coffre-fort pour obtenir les droits.

Gary Bettman demanderait aussi d'utiliser la marque des cinq anneaux olympiques sur le site de la LNH et dans tout le package visuel des Jeux. C'est presque de l'arrogance, mais plusieurs pensent qu'il gagnera la partie.