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Un ex-couple de Sainte-Julienne a filmé et abusé sexuellement un adolescent


Publié le 21 juin 2017

Le palais de justice de Joliette.

©Photo TC Media - Archives

JUSTICE. Deux hommes de Sainte-Julienne ayant déjà formé un couple ont pris le chemin de la prison, mardi, pour avoir, ensemble, filmé et abusé un adolescent quand ils étaient encore des conjoints.

« Le modus operandi des accusés [André-Israël Savignac-Charpentier et Félix Hervé-Chéry] était simple: [André-Israël Savignac-Charpentier] lui demandait s'il voulait se faire sucer, s'il disait non, [ils] le laissaient jouer à ses jeux vidéo », est-il indiqué dans les résumés des faits présentés devant le tribunal et signés par les accusés.

Selon la victime, qu'on ne peut identifier en raison d'une ordonnance rendue par le tribunal, André-Israël Savignac-Charpentier lui aurait fait une fellation à une reprise et Félix Hervé-Chéry lui en aurait plus d'une. La victime était âgée d'environ 13 ans à 14 ans au moment des premiers contacts sexuels, en 2012.

Les deux accusés, respectivement âgés de 36 ans et de 32 ans, ont aussi filmé la victime à son insu en plaçant une caméra dans une boîte de mouchoirs lors de contacts sexuels. Ils lui ont aussi demandé des fellations.

L'un d'eux dénoncé

En juin et en juillet 2014, Microsoft Google et le site Trumblr ont tour à tour dénoncé André-Israël Savignac-Charpentier au centre américain d'exploitation des enfants pour entreposage et distribution d'images explicites d'enfants âgés entre huit ans et dix ans. En février 2015, c'était au tour de Twitter de dénoncer André-Israël Savignac-Charpentier pour avoir rendu disponible du contenu similaire.

Le dossier a été transféré à la Gendarmerie royale du Canada, puis à la Sûreté du Québec qui a mené une perquisition au domicile de l'ex-couple en avril 2015, en plus de procéder à son arrestation.

Des centaines de fichiers

La police a découvert à la résidence du couple plus de 1100 images et plus de 1000 vidéos de pornographie juvénile.

Selon l'enquête policière, Félix Hervé-Chéry n'était pas au courant et André-Israël Savignac-Charpentier leur a dit qu'il était responsable de la possession et de la distribution de la pornographie juvénile.

Les deux hommes leur ont avoué avoir commis et incité leur victime adolescente à commettre des gestes sexuels.

Plaider coupables

Ils ont tous deux plaidé coupables à une accusation de production de pornographie juvénile, ainsi qu'à des accusations de contacts sexuels et d'incitation à des contacts sexuels. Ils ont aussi plaidé coupables à une accusation de voyeurisme.

Quant à André-Israël Savignac-Charpentier, il a en plus plaidé coupable deux accusations supplémentaires de possession et de distribution de pornographie juvénile.

Il a été condamné à purger 18 mois de prison ainsi qu'à une probation de deux ans. Félix Hervé-Chéry a de son côté été condamné à purger une peine de 14 mois de prison, ainsi qu'à une probation de deux ans.

Pas « sévères »

Les deux sentences ont été entérinées par le juge François Landry à la suite d'une suggestion commune des avocats. Or, le magistrat a indiqué dans les deux cas que les peines suggérées n'étaient pas « sévères ».

« Les enfants, on ne doit pas en abuser, on doit les protéger. C'est pour ça qu'il existe des lois sévères et punitives [et] vos pulsions doivent être contrées parce que ça n'a aucun bon sens », a-t-il dit à Félix Hervé-Chéry avant de l'envoyer en prison.

À l'intention d'André-Israël Savignac-Charpentier, il a affirmé que son cas était « plus préoccupant » en raison de son « intérêt marqué » pour la pornographie juvénile.

« Les enfants, on doit les protéger », a-t-il alors réitéré.