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Agriculture

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15 juin 2023

Claudia Boisvert - cboisvert@medialo.ca

Émile Gariépy : portrait d’un producteur maraicher fier et ambitieux

Saint-Roch-de-l'Achigan

Émile Gariépy

©Photo gracieuseté

Émile Gariépy a fait du chemin depuis ses premières semences mises en terre il y a 10 ans.

Si la fierté avait une voix, elle aurait celle d’Émile Gariépy, un producteur maraîcher qui cultive les citrouilles et les courges dans ses champs à Saint-Roch-de-l’Achigan. À bord de son pick up et au retour d’un bref voyage de pêche, l’entrepreneur s’est empressé de revenir à ses terres pour s’assurer de l’état de celles-ci, et pour contempler leur beauté. Parce qu’Émile et les champs, c’est une histoire d’amour qui dure depuis près de 10 ans.

Enfant, son premier mot fut « tracteur ». Puis, dès son plus jeune âge, il avait sous sa responsabilité son propre petit potager, où on retrouvait, entre autres, du maïs et des concombres. C’est à l’âge de 10 ans qu’Émile voit plus grand et qu’il plante ses premières semences de citrouilles. Et à l’aube de ses 20 ans, il connaît un succès beaucoup plus grand que lui. « Moi, je pars avec une poignée de semence, qui rentre dans une petite boîte de carton. Et à la fin de l’année, j’ai près de 300 camions qui viennent chercher des légumes chez nous », se réjouit le producteur maraîcher.

 

Rien de trop beau ni trop grand

Ce qui est fascinant lorsqu’on écoute Émile raconter son récit et son parcours d’entrepreneur, c’est l’ambition et l’aplomb avec lesquels il s’affirme. Il sait prendre la place et le mérite qui lui reviennent. Et même s’il exporte désormais ses produits aux États-Unis ainsi qu’en Ontario, le Québec demeure un territoire de choix pour partager le fruit de ses récoltes. « Je veux toujours vendre et produire des produits de qualité, des produits frais, pour le monde du coin. Ce sont eux qui m’ont lancé. Pour moi, c’est une fierté. […] Dans la citrouille, je suis vraiment rendu une référence au Québec », témoigne-t-il fièrement. Bien qu’il soit reconnaissant que les Québécois aient été les premiers à croire en son projet, cette exportation à l’international fait un doux velours au petit garçon autrefois âgé de 10 ans et ayant des rêves agricoles plein la tête : « Ça me dit que je ne me suis pas levé à quatre heures du matin pour rien. Je n’ai pas fait tous ces efforts pour rien. Tout ce que j’ai fait, ç’a été bénéfique et ça le sera encore plus au fil des prochaines années. C’est un rêve qui devient réalité. » Et, bien qu’il possède actuellement 40 hectares de terre, son ambition première demeure d’acquérir davantage de superficies agricoles.

Émile Gariépy

©Photo archives

L’Express Montcalm avait rencontré Émile en 2019. Il était alors âgé de 16 ans et son petit empire impressionnait déjà. Près de 4 ans plus tard, son entreprise a pris encore plus d'ampleur.

« On fonce la tête haute et on ne réfléchit pas trop longtemps »

À la fin de ses études secondaires, le parcours académique d’Émile s’est poursuivi au cégep régional de Lanaudière, en gestion d’entreprise agricole. Un apprentissage qu’il a trouvé franchement pertinent, et une expérience qui lui a grandement plu… Jusqu’à ce que les cours passent du virtuel au présentiel, en fin de pandémie. Émile a alors rencontré un beau problème : son entreprise est alors en très grande expansion. Faire son cours de gestion à bord de son tracteur, c’était le meilleur des deux mondes : apprendre et être dans ses champs. Devoir désormais assister aux cours en présentiel en plus de poursuivre ses tâches entrepreneuriales ne s’emboitait pas dans une réalité où Émile tentait d’avoir un équilibre sain entre l’agriculture et sa vie personnelle. Après discussion avec sa famille et Serge Beauchemin, qui l’accompagne depuis son passage à l’émission Dans l’œil du dragon en 2015, une décision semblait évidente pour la suite. Une décision qui apporte encore un peu d’amertume chez Émile : « J’ai eu un choix assez dur à prendre ». Après un an à concilier les études postsecondaires et la croissance des Fermes Émile Gariépy, son parcours académique a dû être cessé. Un épisode de sa vie qu’il ne regrette pas, mais qui le désole un tant soit peu. À ce moment, il a dû trancher cérébralement en fonction de son entreprise florissante. Un choix aussi drastique peut amener son lot d’hésitation, et avec raison. « Un entrepreneur, ça doute pas mal de tout », confie Émile. La solution pour contrer ces incertitudes? « On fonce la tête haute et on ne réfléchit pas trop longtemps. J’ai toujours cru en mon projet. Je croyais en mon rêve, en mes légumes, en mon produit ». 

Courges et citrouilles

©Photo Marie-Christine Gaudreau

Sur ses terres de Saint-Roch-de-l'Achigan, Émile produit des citrouilles et une variété de courges.

Mot d’ordre : gratitude

C’est passionnant de constater la gratitude et la reconnaissance bien dosées qui habitent Émile Gariépy, le tout combiné à sa fierté « d’avoir gardé la tête froide ». Ce qui est encore plus riche et gratifiant, c’est son respect pour la terre. « Ça va toujours m’impressionner, ce que la nature peut nous offrir. Je trouve ça beau. […] J’ai beaucoup de reconnaissance. » Il n’y a pas à dire, l’histoire d’Émile Gariépy en est une d’exception et sous le signe de la détermination. Une histoire rafraichissante qui encourage à poursuivre ses rêves, quels qu’ils soient.

 

Commentaires

2 février 2024

Émile Janvier

Bonjours Émile et bravo, j'ai lu ton parcourt, nous avons le même prénom, mais pas la même âge. En te lisant, c'est vraiment une copie collée de mes multiples passions. Bonne santé à toi, et continue à être ce que tu es.

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