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Réaliser son rêve un coup de bras à la fois


Publié le 6 avril 2017

Une conférence inspirante de Normand Piché.

©(Photo TC Media- Mélissa Blouin)

PERSÉVÉRANCE. Une grande idée, qui semblait un peu folle et irréaliste, s'est transformée en une expérience inoubliable pour Normand Piché qui a relié les cinq continents à la nage. Il voulait effectuer cet exploit afin de se dépasser, mais également pour faire le pont entre les différents pays, rassembler les cultures et transmettre un message d'union et de solidarité. 

«Je voulais faire un projet où je pourrais réaliser quelque chose de plus grand que moi», a mentionné M. Piché. Bien sûr, cet exploit ne s'est pas fait sans embûche et obstacle. L'athlète a donc livré un grand message de persévérance et de ténacité aux élèves de secondaire 1 et 2 du Collège Esther-Blondin en racontant son expérience lors d'une conférence le 3 avril dernier.

« Souvent, nous avons des rêves qui peuvent sembler irréalistes, mais qui ne le sont pas tant que cela finalement. Il faut arrêter de penser aux limitations et se mettre en mode solution. Des embuches, des refus et des échecs il va toujours y en avoir, mais si tu as vraiment le goût de faire quelque chose, ça va finir par arriver si tu avances. »

Normand Piché a été le premier américain à relier les cinq continents à la nage, mais en le réalisant en 80 jours, il est également celui à avoir réalisé cet exploit le plus rapidement au monde. Ce grand rêve a nécessité une préparation de plus de deux ans, dans laquelle M. Piché s'est remis à la natation plus sérieusement et a effectué toute la planification.

C'est le 24 août 2016 qu'il a quitté Montréal vers l'Alaska, avec son équipe. Uniquement de se rendre vers les Îles Diomède a été très complexe et une fois fait, le nageur a pu entamer sa traversée des États-Unis vers la Russie. L'eau était à une température d'environ 4°C, il y avait des baleines et des vagues imposantes. Même s'il s'agissait de la plus courte distance, c'était son plus grand défi.

La deuxième épreuve s'est effectuée de la Papouasie-Nouvelle-Guinée à l'Indonésie, où il a été confronté à de nouvelles adversités. Il a été informé qu'il y avait beaucoup de requins et s'est fait piquer par des méduses à répétitions. « Du début à la fin j'avais le sentiment de brûlure dans le visage, mais mon désir de toucher le sol était beaucoup plus grand que la douleur. »    

Le voyage s'est continué vers la Turquie où Normand Piché devait traverser jusqu'en Grèce. Ce qu'il ignorait, c'est que le corridor qu'il allait emprunter à la nage était le même que les migrants de la Syrie prennent et dans lequel il y a eu des milliers de noyades. On lui a même mentionné qu'il était possible que des corps remontent à la surface. «J'ai effectué cette traversée avec un sentiment d'imposteur. J'étais le gars qui réalisait son rêve versus des gens qui quittent leur pays en guerre. »

De son côté, le trajet reliant l'Espagne au Maroc a été très ardu côté logistique. L'équipe n'avait pas réussi à avoir les autorisations pour traverser la frontière. « Je me suis dit on y va quand même et on trouvera des solutions sur place.» Finalement, après trois semaines et demie d'initiatives infructueuses, l'équipe était sur le point d'abandonner quand un nageur de l'Inde, qui avait entrepris les démarches il y a quatre ans et qui avait les autorisations, a accepté que M. Piché effectue la traversée avec lui.

Le rêve du nageur s'est terminé avec l'itinéraire reliant l'Égypte à la Jordanie qui a été le plus éprouvant physiquement et mentalement. Après quelques minutes, la météo s'est déchaînée et la traversée a duré près de 8 heures. « J'étais sur le point de réaliser mon rêve, mais je n'étais plus sûr de pouvoir y parvenir physiquement. Je me suis dit continue d'avancer un coup de bras à la fois. » 

Il se souvient avoir revu le film de sa vie à ce moment, «Je repensais à tous mes combats et mes moments de bonheur et c'est ce qui m'a donné mon énergie. » Il est finalement revenu à Montréal le 17 novembre et depuis, il redonne au suivant en présentant des conférences dans les différentes écoles. La conférence au Collège Esther-Blondin s'est déroulée dans le cadre du projet MIRE.

1.      États-Unis – Russie

6,5 km

2h08

2.       Papouasie – Indonésie

12,6 km

3h56

3.       Grèce- Turquie

14,6 km

4h45

4.       Espagne – Maroc

15,6 km

3h56

5.       Égypte- Jordanie

18,5 km

7h53