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Élodie Rodrigue, une thanatologue bien dans sa peau

C'est important d'avoir une belle dernière image  


Publié le 31 mars 2017

Élodie Rodrigue estime que la dernière image d'une personne est importante et doit être la plus belle possible.

©(Photo TC Média - Jean Joubert)

PROFESSION. Toujours intéressant de rencontrer une personne qui exerce une profession sortant de l'ordinaire.  Et quand cette personne n'a que 21 ans…

Lors d'une récente journée « portes ouvertes » au Complexe André Légaré, Élodie avait démystifié son travail auprès des visiteurs.
(Photo TC Média - Jean Joubert

Depuis l'âge de huit (8) ans, Élodie Rodrigue rêvait de travailler avec les défunts.  Maniaque des séries policières télévisées, elle se voyait très bien dans le rôle de médecin légiste.  Plus tard, ce sont les romans policiers qui ont accroché la jeune femme.  « J'ai voulu faire médecine pour devenir médecin légiste, mais c'était vraiment trop difficile.  J'ai alors décidé d'étudier pour devenir thanatologue », explique-t-elle.  Elle s'inscrit au Collège Rosemont, seule institution publique offrant ce cours au Québec.  De 40 étudiants au début, la cohorte passe à 18 élèves à la fin des trois années de cours.

Coup de foudre

Élodie Rodrigue se sent à la bonne place.
(Photo TC Média - Jean Joubert)

À sa 3e année d'étude, Élodie doit trouver un lieu de stage.  Grâce à la complicité de son entourage, elle continue son apprentissage auprès de Louis Lamontagne des Résidences funéraires F. Thériault.  « C'est vraiment là que le déclic s'est fait.  J'ai vu et compris l'importance de ce travail.  Pratiquer une thanatopraxie, c'est très noble », dit-elle.

Un second souffle aux défunts

C'est avec cette vision de sa profession d'Élodie Rodrigue aborde son travail au quotidien.  « Peu importe les cas, c'est important d'avoir une belle image, une dernière fois.  Je veux « animer » mon sujet pour qu'il ressemble le plus possible à la personne qu'elle était de son vivant », raconte avec enthousiasme la jeune femme qui avoue appeler les corps par leur nom lorsqu'elle se penche sur eux.  Pour y arriver, elle maquille, coiffe, coud, utilise tout son savoir pour rendre le corps le plus beau possible.  Elle a déjà eu à mettre du verni à ongle de la même couleur que les vêtements de la défunte pour répondre à la demande de la famille.  « Ses proches l'avaient connu comme ça et c'était très bien de respecter ses volontés », précise-t-elle.  Pour les enfants ou des cas particuliers, la jeune femme redouble d'ardeur.  « Connaissant la douleur et la peine des parents, je veux faire encore mieux, je travaille avec davantage de minutie pour que l'enfant soit le plus beau possible », dit celle qui a vécu une fois ce genre de situation.  De plus, pour Élodie, travailler en région s'avère un atout, car elle a le temps de prendre le temps pour faire son travail.

Décrocher

Comme pour tous les métiers au monde, il faut être en mesure de lâcher prise.  Est-ce différent pour cette profession ?  « Sincèrement, je n'ai aucune difficulté à faire le vide et à faire la coupure d'autant plus que mon « chum » ne veut rien savoir de mes journées, dit-elle en riant.  Plus sérieusement, je n'ai pas de problème avec ça et je trouve le moyen d'en parler si cela est nécessaire. »

Manisfestation de l'au-delà ?

« Non, pas du tout.  Je n'ai jamais ressenti quelque chose de particulier en relation avec des manifestations « extérieures ».

Rencontres avec les familles

Au chapitre des futurs projets, Élodie Rodrigue aimerait développer le côté humain du travail.  « Ce n'est pas pour demain, mais un jour, j'aimerais bien rencontrer les familles, les accueillir, les écouter, etc. »  « Oui, je sais que je suis à ma place et je suis bien dans ma peau », laisse entendre la jeune femme de Repentigny.