Bruyante manifestation à l'hôtel de ville de Saint-Esprit

Suspension du président du syndicat


Publié le 3 mai 2017

Robert Brunet a reçu un appui de ses collègues du SCFP, section, locale 5313. le 1er 2017 à l'hôtel de ville de Saint-Esprit.

© (Photo TC Média Jean Joubert)

MANIFESTATION. Les paisibles soirées du conseil de ville de Saint-Esprit ont pris une autre tournure lundi dernier.   

La salle du conseil lundi le 1er dernier.
(Photo TC Média Jean Joubert)

Une cinquantaine de manifestants ont fait connaître, le 1er mai dernier lors de la séance régulière du conseil de ville leur désaccord à la suite de la suspension avec solde de Robert Brunet, président du syndicat des employés de la municipalité de Saint-Esprit. Malgré la pluie et le temps froid, les manifestants ont fait tout un tintamarre à leur arrivée et dans l'hôtel de ville.  Ils étaient venus demander la réintégration de leur collègue dans ses fonctions. Dès l'ouverture de la séance, le conseiller syndicat, Maxime Valade, a demandé et obtenu le droit de parole afin de faire connaître ses revendications. « On vous avise, on ne vous menace pas, c'est une promesse.  On vous demande de réintégrer M. Brunet dans ses fonctions, car si vous prenez des décisions différentes, vous nous trouverez sur votre chemin », a lancé le conseiller syndical, Maxime Valade.  Quelques échanges, sans gravité, entre le maire Michel Brisson et un manifestant ont eu lieu par la suite.  Les manifestants ont ensuite calmement quitté les lieux sous l'œil des patrouilleurs de la Sûreté du Québec.  Huit travailleurs sont des membres accrédités du SCFP, section locale 5313.

« C'est pour nous défendre que nous nous sommes syndiqués, lance Robert Brunet, inspecteur municipal et à l'emploi de la municipalité depuis 13 ans.  Depuis 2-3 ans, l'ambiance est lourde et les relations avec la direction générale sont tendues.  On ne sait jamais sur quel pied danser. »  Selon ce que L'Express Montcalm a appris, toute cette histoire remonte au passage du directeur général par intérim, Michel Gobeil.  « Nous avons demandé à M. Gobeil a procédé à l'évaluation de notre personnel.  Il a émis des recommandations et, par la suite, le conseil a pris des décisions », explique le maire Michel Brisson.  L'une de ces décisions a résulté au départ d'une employée après plus de 20 ans de service.  « On nous a dit qu'il s'agissait d'une réorganisation.  À partir de ce moment, un climat de peur s'est installé.  Nous avons eu peur de perdre nos acquis.  D'ailleurs, ce soir, nous ne sommes que deux ici.  Les autres ont peur et je les comprends », raconte M. Brunet.  De son côté, le maire Michel Brisson admet qu'il y a eu des changements, mais il mentionne que « la manière de travailler avec le personnel n'a pas changé.»   

Suspension

C'est lors du dépôt des demandes syndicales, le 21 mars dernier, que Robert Brunet a été suspendu de ses fonctions.  Coïncidence ?  « M. Brunet n'a pas été suspendu pour son travail syndical, mais parce que nous avons ouvert une enquête interne sur un dossier le concernant », explique le maire Michel Brisson, se refusant toutefois à révéler les motifs de cette enquête.  Il s'agit de plus de la première fois que Saint-Esprit enquête sur l'un de ses employés.  M. Brisson a aussi indiqué que le résultat de cette enquête sera connu bientôt.  Une décision sera ensuite prise dans le cas de M. Brunet.

Pas contre le syndicat

« Nous ne sommes pas contre l'arrivée d'un syndicat, lance entendre Michel Brisson.  Les employés ont le droit de se syndiquer.  Il (le syndicat) a fait une proposition et nous ferons une contre-proposition.  C'est une négociation normale. »  Une rencontre est prévue la semaine prochaine entre les deux parties.