Les employés des centres jeunesse à bout de souffle

Caroline Morneau caroline.morneau@tc.tc
Publié le 8 octobre 2016

42% des intervenants en centres jeunesse dans Lanaudière, interrogés dans le cadre d'un sondage interne, affirment avoir été poussés vers un congé de maladie dû à une surcharge de travail et aux conditions difficiles.

©Photo TC Media - Caroline Morneau

SANTÉ. Environ 42 % des intervenants en centres jeunesse dans Lanaudière affirment avoir été poussés vers un congé de maladie dû à une surcharge de travail. C'est du moins ce qui ressort d'un sondage effectué auprès de 20 % des syndiqués affiliés à la CSN dans la région.

Parmi les employés sondés, environ 86 % effectueraient des heures supplémentaires, alors que seulement 54,5 % d’entre eux les réclameraient.

Soulignons que ces données non-scientifiques ont été compilées dans le cadre d'une consultation interne menée par la Confédération des syndicats nationaux (CSN). L'étude a été effectuée auprès de 2 000 répondants à travers le Québec, dont environ 120 proviennent du réseau lanaudois. Les résultats ont été transmis à L'Action par voie de communiqué.

«Les compressions et le sous-financement qu’on vit depuis de nombreuses années ont eu des répercussions sur tous les employés et ont aussi entraîné des fermetures d’assignations surnuméraires et des suppressions de postes. Comment voulez-vous que les intervenants puissent offrir les services auxquels on s’attend d’eux quand ils sont toujours pris devant leur ordinateur pour remplir […] une multitude de formulaires?», fait valoir Keven Newbury, président du Syndicat des centres jeunesse Lanaudière - CSN.

Selon 80.6 % des personnes interrogées, les tâches administratives additionnelles dues aux compressions constituent «un obstacle majeur à la qualité des interventions», peut-on également lire dans le communiqué.

Seulement 4,5 % des répondants estiment par ailleurs «être en mesure de répondre adéquatement et en temps utile aux besoins de la clientèle».

«Une situation de crise sévit actuellement dans le réseau des centres jeunesse du Québec. Nous demandons au gouvernement la tenue d’États généraux afin de faire la lumière sur les problèmes dénoncés par celles et ceux qui œuvrent auprès des enfants vulnérables et de leur famille. Nous réclamons aussi un moratoire sur les coupes budgétaires dans les centres jeunesse ainsi qu’un réinvestissement majeur dans le réseau», martèle pour sa part, Francine Ranger, présidente du Conseil central Lanaudière – CSN.

Rappelons que le Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière (CISSSL) a récemment manifesté son intention de revoir les dépenses au niveau de l'assurance-emploi à travers le réseau. Un plan d'action devrait être mis en œuvre afin de mieux accompagner psychologiquement les travailleurs, notamment en centres jeunesse, pour éviter les absences prolongées et l'essouflement des ressources.