« J’ai été référé au Centre hospitalier régional de Lanaudière (CHRDL) par le docteur Ranger de l’hôpital du Sacré-Cœur pour obtenir un rendez-vous avec un spécialiste. », dit Jean Proulx. En décembre 2007, l’homme entre communication avec la centrale des rendez-vous. On lui précise que son nom sera inscrit sur une liste d’attente et on l’avise que cette attente sera probablement longue. Entre-temps, Jean Proulx rencontre son médecin de famille. Ce dernier trouve la situation inacceptable. Toujours selon M. Proulx, son médecin de famille fait pression pour faire avancer le dossier. Rien ne bouge. Ayant déménagé à trois reprises durant ce laps de temps, M. Proulx se demande si cela ne serait pas la cause de son malheur. Plus les jours passent et plus la douleur est intense. « En 2009, j’ai téléphoné à la centrale des rendez-vous. Je me suis fait dire qu’il y avait eu une erreur et mon dossier était maintenant sous la pile. On avait tenté de me joindre, mais en vain, alors… Pourtant, j’ai toujours pris soin de faire suivre mes nouvelles adresses et mes numéros de téléphone lorsque je déménageais. », dit-il. Il poursuit : « Vous savez, à 52 ans, je ne suis pas fini, je veux retourner travailler. », dit M. Proulx, présentement prestataire de l’aide sociale.
Grève de la faimÀ bout de ressource, Jean Proulx avise les médias, les employés du député de Rousseau et le maire de Saint-Lin-Laurentides André Auger qu’il entame, le 22 février, une grève de la faim pour alerter l’opinion publique. Un peu plus de 40 heures plus tard, M. Proulx met fin à cette grève, car le diabète reprend le dessus et il craint pour sa vie.
Service des plaintes du CHRDLPar la suite, Jean Proulx entre en communication avec le Service des relations avec la clientèle du CHRDL et partage son histoire avec la commissaire aux plaintes. « J’ai été bien accueilli et on m’a dit que je n’aurais pas de réponse avant 45 jours et que mon dossier ferait l’objet d’une enquête. », dit-il. M. Proulx avance aussi qu’on lui aurait conseillé de s’inscrire à Santa Cabrini ou à l’hôpital Jean-Talon pour son opération. « Je ne fais pas cette démarche uniquement pour moi. Je la fais pour tous ceux qui souffrent et qui se retrouvent dans des situations difficiles. Personne ne semble responsable de rien. On se lance la balle. On fait partie du problème ou on fait partie de la solution. J’ai choisi de faire partie de la solution. »
RéactionsDu côté du CSSS du nord de Lanaudière (CHRDL), Marie-Claude Caron Adam, agente d'information, souligne qu'elle ne peut entrer dans les détails de ce cas, car le dossier, comme tous les autres est confidentiel. "Toutes les listes d'attente sont gérées par les règles du ministère de la Santé et nous suivons ces règles. Il y a des exceptions à la règle, mais nous tentons de remédier le plus rapidement à la situation dans ces cas.", dit Mme Caron-Adam. Au CSSS du nord de Lanaudière il y aurait un manque important d'orthopédistes. Cela pourrait être une raison de ce délai indu.. Actuellement, selon les règles gouvernementales, 67 chirurgies, toutes les catégories confondues, sont hors délai au CSSS du nord de Lanaudière. C'est-à-dire qu'elles excèdent un an d'attente.
