En réaction contre la prolifération des algues bleu-vert dans les lacs et les cours d’eau du Québec, le gouvernement a annoncé, en septembre 2007, un plan d’intervention échelonné sur une période de dix ans et visant à résoudre ce problème à la grandeur du Québec. Comme d’autres secteurs d’activité, le secteur agricole doit faire sa part en améliorant ses façons de faire et en réduisant ses impacts sur l’environnement et les cours d’eau. Le volet agricole du plan d’intervention gouvernemental comporte un accompagnement professionnel et une aide financière bonifiée au bénéfice des exploitations agricoles. Vous vous demandez peut-être en quoi cela se traduit-il sur le terrain.
Certaines zones de Lanaudière s’inscrivent comme des Zones d’Intervention prioritaires phosphore (ZIPP). Deux de ces zones ont été identifiées dans Lanaudière.
Une de ces zones se trouve au centre nord de Lanaudière. La ZIPP du lac Mandeville et du lac Maskinongé comprend 39 producteurs dans les municipalités de Mandeville,
St-Damien, St-Gabriel-de-Brandon et St-Didace. Cette ZIPP couvre la zone agricole de deux sous bassin du grand bassin de la rivière Maskinongé (illustrée en zone ombragée sur la carte ZIPP Lac Mandeville/Lac Maskinongé).
Durant l’été 2008, une caractérisation générale du bassin a été réalisée par le MAPAQ. Ceci a permis de localiser les problèmes d’érosion. Par la suite, une rencontre de groupe a eu lieu à la salle du conseil de St-Damien en février ou plus de 30 producteurs et partenaires du milieu ont démontré de l’intérêt pour le projet.
À la fonte rapide du printemps 2009, le projet est entré dans un mode d’action. Les agronomes des clubs-conseils en agroenvironnement, Club Soleil Levant et COGENOR, ont réalisé des diagnostics spécialisés chez 17 producteurs de la ZIPP. Le diagnostic spécialisé est l’analyse terrain de l’ensemble de la ferme et l’identification des problématiques de pollution diffuse. Dans le cas d’une ZIPP, ce diagnostic est subventionné à 100 % dans le cadre du programme Prime-Vert. Conseiller et producteur travaillent ensuite à établir un plan d’action en discutant des solutions qui seront subventionnées à 90% dans le cadre du programme Prime-Vert (Pollution Diffuse).
La deuxième zone d’intervention prioritaire phosphore (ZIPP) s’ajoute au projet du ruisseau Vacher déjà entrepris par un projet collectif de la Fédération de l’UPA de Lanaudière et de la Fondation de la Faune. Comme vous l’avez probablement lu, dans un article paru en avril, ce bassin est déjà riche de réalisation.
St-Jacques
L’approche pour ce bassin est plus géographique que celle de la ZIPP du Lac Mandeville/Lac Maskinongé. L’action s’organise en secteur d’intervention. Dans ce bassin, on peut compter sur la coopération de l’UPA et de l’ingénieur de la MRC de Montcalm partageant ainsi généreusement leurs expériences des cinq dernières années. Environ une douzaine de producteurs participeront cette année dans le secteur de la 158 et du rang des continuations dans les municipalités de St-Jacques et de St-Liguori.
Chacun des bassins versants a une problématique particulière qui dépend entre autres du type de sol, de l’occupation du territoire, du type de culture et de bien d’autres facteurs physiques et humains. C’est pour cette raison que des solutions devront être adaptées à la réalité de chaque producteur, tout en gardant une approche globale du problème et de la solution.
En effet, l’eau comporte un défi, car elle ne s’arrête pas à la limite des propriétés ou des municipalités. Les gens ont besoin de s’approprier la qualité de l’eau et agir coude à coude avec les voisins. Pour cette raison, nous avons tous une responsabilité et un pouvoir d’action sur la qualité de l’eau de notre voisinage. Merci aux producteurs participants à ces deux projets. Je vous invite à me contacter pour plus d’informations.




