Né le 30 août 1918, François Lanoue est le benjamin des huit enfants d'Hildège Lanoue, un commis marchand, et de Marie Galipeau.
C'est au sein de sa famille qu'il sera sensibilisé au drame de la déportation de ses ancêtres acadiens. Sa passion pour l'histoire se précisera en 1935 lorsqu'il assistera au feu de la Congrégation Notre-Dame, édifice dont fait partie le manoir de Barthélemy Joliette, le fondateur de la ville du même nom.
En 1943, le Lanaudois est ordonné prêtre. Il enseigne, jusqu'en 1959, au Séminaire de Joliette. Pendant ses cours de français, de géographie ou de littérature du Moyen-âge, le religieux transmet ses passions à ses élèves que ce soit pour les voyages, les musées sans oublier… les bonnes manières à table !
Parmi ses élèves, retenons les noms de Jean Chrétien et Bernard Landry, qui se mériteront plus tard le titre de premier ministre, l'enseignant, syndicaliste et député-ministre Guy Chevrette, le maire de Joliette René Laurin, l'auteur du Matou, Yves Beauchemin, le bibliothécaire Réjean Olivier et l'enseignant Marcel Ducharme.
Ses premiers voyages se feront en vélo, en soutane, par les côtes de Charlevoix et de la Gaspésie en compagnie des Routiers du Séminaire de Joliette. Très tôt, François Lanoue collabore avec le Père Wilfrid Corbeil, CSV, qu'il épaulera dans la fondation du Musée d'art de Joliette.
Son premier volume, «Une Nouvelle Acadie, Saint-Jacques-de-L'Achigan» parait en 1949. Plusieurs autres suivront dont «Fragments d'histoire.» François Lanoue demeurera profondément meurtri par le peu d'encouragement de son patron d'alors, Mgr Joseph-Arthur Papineau.
Cette passion pour l'histoire, le Lanaudois la poursuivra avec une caméra au cou. Dans les années 1940, il mitraillera le paysage rural de Montcalm pour des chefs d'oeuvre dont une sélection sera présentée en 2005 au Musée d'art de Joliette sous le titre : «Les pays de François Lanoue.» Son œuvre regroupe pas moins de 20 titres et des centaines d'articles et de conférences notamment devant la Société d'histoire Joliette de Lanaudière dont il fut président.
Nommé vicaire à la Cathédrale en 1959, il sera aussi aumônier de diverses maisons d'enseignement. Une cure l'a grandement réjouie, celle qu'il occupera de 1973 à 1985 à Saint-Alexis-de-Montcalm.
François Lanoue a aussi inscrit à son actif les Fêtes du 200e anniversaire de la déportation des Acadiens à Saint-Jacques, un événement qui a réuni en 1955 plus de 10 000 fidèles. En 1992, il a collaboré aux fêtes du centenaire de la Cathédrale où l'on souligna, en 2008, son 65e anniversaire de prêtrise.
Le Lanaudois s'est maintes fois rendu en Acadie, afin d'y revoir «ces paysages, ces montagnes, cette mer que mes ancêtres ont contemplé. Ils en ont emporté le souvenir à Saint-Jacques dans leurs larmes et dans leur coeur», confiait-il en sanglotant.
Le parcours d'une vie
François Lanoue 1918-2010
Les funérailles de l'abbé François Lanoue ont été célébrées le 8 mars en l'église de Saint-Jacques. La cérémonie présidée par Mgr Gilles Lussier a réuni plusieurs parents et amis de celui qui fut, tour à tour, enseignant, vicaire, curé mais surtout passionné d'histoire, particulièrement celle de sa patrie, la Nouvelle-Acadie.
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