Le succès des diplômés du cinquième secondaire du Havre-Jeunesse dont nous faisions part dans notre édition du 20 janvier dernier a soulevé un questionnement sur un manque de communication entre les enseignants et la direction du Havre-Jeunesse, notamment au sujet de l’application de la réforme scolaire et des changements à la direction de l’école. À la suite des nombreux commentaires sur l’article « Les finissants pètent des scores », une rencontre avec les jeunes de 5e secondaire de Havre-Jeunesse (pour les encourager à imiter leurs pairs), qui ont vécu la réforme de l’éducation d’un bout à l’autre, a plutôt révélé, malgré ce succès, un malaise entre le corps enseignant et la direction de l’école. À la lueur de notre enquête, il appert que les enseignants de 5e secondaire ont pris sur leurs épaules la responsabilité de mener les jeunes à bon port. Lors de notre rencontre, les enseignants et les élèves ont tous dénoncé le manque d’écoute et leur impression que les décisions sont prises sans tenir compte de leurs arguments. « La réforme avait peut-être de bons objectifs, mais sa mise en fonction s’est faite dans la plus grande confusion possible. Cette année, nous devons enseigner afin de permettre aux étudiants d’obtenir leur diplôme, mais nous n’avons aucune idée des objectifs réels du ministère. », avouent les professeurs.
Du côté de la directionDu côté de la direction de l’école, on comprend mal la réaction des enseignants. Assurant l’intérim durant le congé de la directrice Nancy Morin, M. Lemay, à sa première année à ce poste, dit ne pas comprendre l’attitude des professeurs. « Je ne comprends pas pourquoi les enseignants ne se sentent pas intégrés à la prise de décision. Nous avons innové avec de nouvelles façons de faire donnant plus de place aux enseignants. », précise M. Lemay. Quant à la discorde concernant la dispense des cours optionnels, une question d’argent serait à l’origine de cette mésentente.
Les étudiants se prononcentLoin de faire porter le chapeau aux enseignants, les élèves ont pris la parole lors de cette rencontre. « Trop de changements d’année en année. Lorsque j’étais en 1e secondaire, des options étaient disponibles pour les élèves de 2e secondaire et j’avais bien hâte d’y avoir accès. À mon arrivée en 2, les options avaient disparu. Chaque rentrée scolaire était comme une boîte à surprises. Cette année, j’avais choisi l’éducation physique et je suis dans un cours de cuisine… ». Pour Étienne Lagueux-Barthe, la déception était au rendez-vous. « Nous pouvions sentir la confusion, nous avions un choix d’option, mais à la réception de notre horaire, rarement les choix étaient respectés. » Andréanne Gionest : J’aurais préféré avoir des notes réelles, les A,B,C marquent un écart de 4 points, j’aimerais savoir c’est 81 ou 85 % ? Les enseignants n’enseignent pas toujours une matière dont ils ont les connaissances requises… Dans certaines classes, nous devions les corriger ! » Guillaume Paquin : « Le système d’évaluation est injuste, si nous avons 85 % pour le premier trimestre et 60 % dans le deuxième, seule la dernière note était valide, il n’y a pas de moyenne ou de cumulatif. » Shyna Larouche : « Les profs font vraiment tout pour nous aider, ils travaillent pour notre réussite, ils nous supportent grandement. Par contre, trop peu d’options disponibles (théâtre, culture, etc.) ». « Chaque année, les élèves ont dû subir l’insécurité des professeurs face à une réforme mal organisée et peu structurée. La réforme amenait des objectifs valables mais sans outils et sans indices pour le corps enseignant sur les moyens d’y arriver. », déplorent les enseignants.