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« La vie extraordinaire des gens ordinaires » : Melven Kingsbury



« La vie extraordinaire des gens ordinaires » : Melven Kingsbury

« La vie extraordinaire des gens ordinaires » : Melven Kingsbury

Publié le 28 Janvier 2010
Publié le 18 Mai 2010
 

On ne sait jamais ce que la vie peut nous réserver. Et on ne sait pas non plus ce qu’on peut lui garder en réserve ! Mon interview avec Melven Kingsbury, un gaillard sympathique de 31 ans habitant St-Lin-Laurentides, vous permettra de découvrir qu’il n’est jamais trop tard pour trouver « sa voie » et décider de retourner aux études, peu importe les circonstances… !

Sujets :
Centre Local d’Emploi , CLE , Cégep du Vieux-Montréal , St-Lin-Laurentides
Collaboration spéciale Isabelle Cloutier Un abandon scolaire hâtif…

Hélas, on le sait, bien des jeunes décrochent de l’école, soit par manque d’intérêt, et aussi par manque d’encadrement. Melven a fréquenté l’école anglophone au cours de son primaire et tout se passait bien. Ensuite, comme il était à St-Lin-Laurentides et qu’il n’avait plus accès à l’école anglophone, il a fait son entrée à l’école secondaire francophone. La transition fut difficile. « C’est que le système d’éducation anglophone est très différent. J’avais beaucoup plus d’encadrement à l’école anglaise. Mais à l’école secondaire, je faisais ce que je voulais. J’étais rock’n’roll, j’avais besoin d’encadrement, et il n’y en avait pas assez. En plus, parce que j’étais anglophone, certains voulaient se battre constamment avec moi… Le racisme du temps, c’était contre les Anglais. J’ai décroché, je n’avais plus le goût d’aller à l’école ».

Cinquante-six métiers, cinquante-six misères…

En abandonnant l’école, ses parents n’ont pas eu d’autres choix que de lui demander de se retrousser les manches et de travailler. « J’ai fait toutes sortes de petits boulots… j’ai été palefrenier, j’ai nettoyé des étables, etc. À force de faire de mauvais métiers, on finit par penser à l’argent facile… et c’est pas bon. » Un chemin difficile pour un jeune de 13 ans. Comme dans sa famille son père et son grand-père étaient des « patenteux » et qu’ils avaient la fibre « inventeur », Melven travaille ensuite comme machiniste, notamment pour son frère. « Mais quand t’as pas de diplôme, c’est difficile de te trouver un emploi ».

Un premier retour aux études, un coup du sort, puis une contre-attaque

En 2003, alors qu’il a 25 ans, il décide d’aller faire un DEP/ASP en techniques d’usinage conventionnel (diplôme d’études professionnelles/attestation de spécialisation professionnelle), dans le cadre d’un programme spécial du Centre Local d’Emploi. Trois jours après avoir obtenu son diplôme, alors qu’il est en stage pour une entreprise lanaudoise, la fatalité décide autrement : Melven se sectionne un tendon et perd l’usage de l’annulaire et de l’auriculaire de la main droite… « J’ai été opéré, mais ça n’est pas revenu complètement. J’ai réessayé de travailler, mais je n’étais plus capable de faire le métier pour lequel j’avais étudié… », mentionne-t-il, la déception dans la voix. Pendant cette période d’incertitude, Melven travaille pour adapter la maison où habitent ses parents afin d’accueillir ses grands-parents, qui ne pouvaient plus demeurer seuls, jouant donc un grand rôle de soutien dans cette période cruciale. Quelques coups de marteau et de pinceau plus tard (!), il songe à un nouveau retour aux études, au Cégep cette fois-ci. Le Centre Local d’Emploi (CLE) a toutefois des règles, et considère qu’une formation a déjà été payée. Melven persiste à expliquer qu’il ne peut plus pratiquer le métier pour lequel il a été formé. « Ensuite, leur argument était que je ne serais pas capable d’aller au Cégep puisque je n’avais qu’un secondaire 1 », explique-t-il. Difficile d’imaginer un tel préjugé…, qui se résume à la pseudo équation « t’es un décrocheur, donc tu ne seras pas capable »… Les statistiques ne nous disent pas que les jeunes qui décrochent sont dénués d’intelligence ! C’est l’intérêt qui ne les habite plus, et il y a de multiples raisons à cela. Le taxage est aussi un facteur d’abandon scolaire. Comme société, notre rôle est de trouver des moyens de les conserver à l’école, et pour cela, on doit éviter de faire rentrer les jeunes dans de petites boîtes préformatées acceptant un seul modèle d’étudiant. Vous voulez la suite de l’histoire ? Melven s’est fermement accroché à ses projets. Le CLE lui a fait rencontrer un psychologue industriel, qui devait déterminer s’il était assez « qualifié » (lire « intelligent »….) pour aller au Cégep. « Après 2 rencontres, le gars m’a dit que c’était évident pour lui que si je voulais, je pouvais aller à l’université…! » mentionne Melven. Notre aspirant a donc fait son entrée au Cégep du Vieux-Montréal en mai 2009 dans le programme « Conception-fabrication assisté par ordinateur », ce qui lui offre l’équivalent d’un génie civil! Il terminera en septembre 2009, a déjà une mention d’excellence dans son bulletin, des offres d’études universitaires lui sont envoyées et le profil d’emplois futurs se dessine. Ouais, les efforts paient !

Et la suite ?

« Je ne sais pas encore ce que je vais faire après… » poursuit le père en lui. Car lui et sa conjointe ont un beau petit garçon de quatre ans, avec toutes les responsabilités parentales que cela implique. Il y a un message clair en tous cas… : À tous les jeunes qui pensent abandonner : accrochez-vous! Ça vaut le coup d’aller voir du côté des études professionnelles, on y apprend des métiers passionnants et concrets menant à de bons emplois! Il n’est jamais trop tard pour se lancer, les études professionnelles sont ouvertes à tous les âges…! www.centremultiservice.ca/ www.cfpmoulins.qc.ca/ Personnellement, je trouve que c’est une belle histoire à succès. « Mettons que c’est pas le parcours le plus facile, mais bon….! J’ai pas toujours fait de bons choix dans la vie », confie-t-il. Qui n’a fait que de bons choix ? S’il y a une illusion qui peut nous faire tourner en rond… c’est la notion d’échec et les regrets. L’échec n’existe pas. Seule l’expérience existe ! Bravo pour ta détermination Melven ! La réalisation de nos rêves commence par une pensée et un projet, après tout…! Pour nous écrire tcsad@live.ca

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